L’équipe d’ElektroQuatsch s’est rendue à l’IAA Transportation 2026 de Hanovre pour découvrir les derniers camions électriques et véhicules de livraison de différentes marques. L’offre va des tracteurs routiers lourds destinés aux longues distances aux fourgons compacts conçus pour les livraisons urbaines. Outre les constructeurs bien connus, c’est surtout le grand nombre de marques chinoises qui retient l’attention et témoigne clairement de leurs ambitions européennes. Sept modèles et concepts nous ont particulièrement marqués.
Skyworth Z9
Le Skyworth Z9 fête sa première mondiale à l’IAA Transportation 2026. Il s’agit également de la première participation de Skyworth au salon des véhicules utilitaires de Hanovre. Jusqu’à présent surtout connu en Allemagne pour ses téléviseurs et quelques voitures électriques, le constructeur présente ici un tracteur routier électrique lourd doté d’une transmission 6×4.

Selon le constructeur, le Z9 dispose d’une batterie LFP de 400 kWh. Ses deux moteurs électriques développeraient ensemble 610 kW et fourniraient un couple maximal de 1 160 Nm. Aucune donnée fiable n’est encore disponible concernant l’autonomie, la puissance de recharge, la charge utile ou un éventuel lancement commercial en Europe. Sans ces chiffres, il est encore impossible de comparer directement le Z9 aux camions longue distance européens établis.
L’un des principaux éléments du concept est la conduite autonome de niveau 4 annoncée. Selon Skyworth, le camion pourrait ainsi fonctionner dans des zones d’utilisation définies sans surveillance permanente d’un conducteur. Pour l’instant, il s’agit avant tout d’une perspective technologique, car l’homologation, les infrastructures et les zones d’exploitation concrètes détermineront si cette fonction pourra réellement être utilisée, et où. Le Z9 reste néanmoins l’un des exemples les plus remarquables de l’assurance avec laquelle de nouveaux constructeurs cherchent à s’imposer sur le marché européen des véhicules utilitaires.
Mercedes eActros 600
À Hanovre, le Mercedes eActros 600 est un véhicule nettement plus proche de la production en série. Nous avons pu examiner de près ce tracteur routier électrique longue distance. Contrairement à de nombreux véhicules conceptuels, l’eActros 600 est déjà conçu pour les activités régulières des transporteurs et pour parcourir quotidiennement de longues distances.

Selon Mercedes-Benz Trucks, l’eActros 600 dispose de trois packs de batteries LFP offrant au total 621 kWh de capacité installée. Le constructeur annonce une autonomie supérieure à 500 kilomètres sans recharge intermédiaire. En rechargeant pendant les pauses imposées par la législation, il serait possible de parcourir plus de 1 000 kilomètres par jour, à condition de disposer des infrastructures de recharge adaptées le long de l’itinéraire.

Selon le constructeur, le véhicule prendra initialement en charge la recharge CCS jusqu’à 400 kW. Il est également prééquipé pour le Megawatt Charging System. À l’avenir, ce système doit permettre de recharger la batterie d’environ 20 à 80 % en près de 30 minutes, avec une puissance avoisinant un mégawatt. L’eActros 600 montre ainsi que le transport électrique longue distance ne dépend pas uniquement de la taille de la batterie. L’interaction entre l’autonomie, la planification des pauses et la disponibilité de stations de recharge fiables pour les poids lourds est déterminante. Or, il reste encore beaucoup à faire sur le plan des infrastructures avant une adoption à grande échelle.
FAW TLX 2036
Le FAW TLX 2036 ne met pas tant l’accent sur une commercialisation prochaine que sur une vision à long terme du transport de marchandises. Son nom fait déjà référence à l’année 2036. Le véhicule est donc présenté au salon comme un concept d’avenir, et non comme un camion de série immédiatement disponible à la commande.

Nous avons découvert le TLX 2036 sur le stand du constructeur. Nous ne disposions toutefois d’aucune donnée fiable concernant la capacité de la batterie, l’autonomie, la puissance de recharge ou la charge utile. À ce stade, toute comparaison technique avec l’eActros 600, le Tesla Semi ou le Skyworth Z9 serait donc spéculative.

Les thèmes abordés par FAW avec un tel concept n’en restent pas moins intéressants. Les futures plateformes de camions ne concernent pas uniquement la motorisation électrique, mais aussi les fonctions de conduite automatisée, la connectivité accrue des flottes et l’utilisation la plus efficace possible de l’espace disponible.

Pour les transporteurs, ce sont toutefois les chiffres concrets qui comptent en définitive. Parmi eux figurent la charge utile, le coût total d’exploitation, le temps de recharge, les besoins d’entretien et la disponibilité d’un réseau de service après-vente. Une étude de style ne répond pas encore à ces questions.

Le TLX 2036 doit donc avant tout être considéré comme une projection. Il illustre la vision de FAW pour le transport routier lourd de marchandises dans une dizaine d’années. Reste à savoir si certaines de ses solutions seront ensuite intégrées à un véhicule de série.
Tesla Semi pour l’Europe
Le Tesla Semi n’est plus un véhicule entièrement nouveau, mais sa version européenne compte parmi les principales nouveautés du salon. Nous avons découvert le camion à Hanovre. Sa position de conduite centrale et sa conception générale centrée sur le conducteur continuent de le distinguer nettement des tracteurs routiers européens classiques.

Selon les informations publiées jusqu’à présent, le Tesla Semi européen devrait offrir jusqu’à 800 kW de puissance et environ 550 kilomètres d’autonomie. Il se situe ainsi approximativement au niveau de la version américaine proposant la plus faible autonomie. Pour la version américaine à plus grande autonomie, Tesla annonce en revanche près de 800 kilomètres. En raison des différences de conditions d’utilisation et de méthodes de mesure, ces valeurs ne sont directement comparables que dans une mesure limitée.
| Version | Autonomie selon les informations disponibles | Positionnement |
|---|---|---|
| Tesla Semi Europe | environ 550 km | Adapté aux poids et aux profils d’itinéraires européens |
| Tesla Semi États-Unis, Standard | environ 480 km | Option américaine à plus faible autonomie |
| Tesla Semi États-Unis, Long Range | environ 800 km | Option américaine à plus grande autonomie |

Tesla prévoit également son propre réseau de recharge pour les véhicules utilitaires lourds. En Europe notamment, la rapidité avec laquelle un nombre suffisant de sites sera créé le long des principaux axes de transport longue distance sera déterminante. Tesla n’a encore annoncé ni prix ferme ni calendrier précis pour les livraisons en Europe. Vous trouverez davantage d’informations dans notre couverture du Tesla Semi.
BYD ETH28
BYD est désormais solidement implanté sur le marché européen des voitures particulières, mais nourrit également de grandes ambitions dans le secteur des véhicules utilitaires. Avec l’ETH28, l’entreprise présente à Hanovre une solution logistique électrique destinée à un usage professionnel. Nous avons découvert le véhicule sur le stand du constructeur.

Dans le domaine des véhicules utilitaires, BYD pourrait disposer d’un avantage : l’entreprise développe et produit elle-même les cellules de batterie, les motorisations électriques et d’autres composants essentiels. Le seul véhicule exposé ne permet toutefois pas de déterminer si cela procure à l’ETH28 des avantages en matière d’efficacité, de prix ou de capacité d’approvisionnement.

Nous ne disposions d’aucune donnée européenne fiable concernant la capacité de la batterie, l’autonomie WLTP, la puissance de recharge, la charge utile et le prix de l’ETH28. Nous renonçons donc à citer les chiffres d’autres gammes BYD, car ils ne peuvent pas être transposés directement à ce véhicule utilitaire. Outre les caractéristiques techniques, le réseau de service après-vente, l’approvisionnement en pièces détachées et la prévisibilité des temps d’immobilisation seront particulièrement importants pour les clients professionnels. Cette présence au salon montre en tout cas que BYD ne souhaite pas limiter ses activités européennes aux voitures électriques.
Maxus eDeliver 420L
Sur place, le Maxus eDeliver 420L nous a paru particulièrement futuriste. Les différentes caméras et les différents capteurs visibles à l’extérieur du véhicule ont retenu notre attention. Plus qu’un fourgon conventionnel, ce modèle donne ainsi l’impression d’une plateforme conçue dès le départ pour intégrer des fonctions numériques d’assistance et d’automatisation.

Il n’était pas possible de déterminer clairement, à partir du véhicule exposé, les fonctions concrètes assurées par chaque capteur dans cette configuration. Il pourrait s’agir de la détection de l’environnement, de rétroviseurs numériques, d’aides aux manœuvres et de la surveillance des zones difficiles à voir. Sans confirmation correspondante du constructeur, aucun niveau d’automatisation précis ne peut toutefois en être déduit.
Les principales caractéristiques techniques concernant la batterie, l’autonomie, la puissance de recharge et le volume utile de l’eDeliver 420L n’étaient pas non plus disponibles de manière fiable. Les données relatives au Maxus eDeliver T1 figurant dans notre base ne peuvent pas être transposées, puisqu’il s’agit d’un autre modèle. Un véhicule fortement connecté grâce à ses capteurs pourrait néanmoins se révéler intéressant pour la logistique urbaine. Dans une circulation urbaine dense, une bonne visibilité à 360 degrés et des aides précises aux manœuvres peuvent notamment faciliter le travail quotidien. Avant une utilisation en série, il faudra cependant clarifier le prix, les coûts de réparation et la durabilité des équipements installés à l’extérieur.
Foton Cavan
Avec le Cavan, Foton se concentre sur les véhicules utilitaires légers électriques. Le modèle n’appartient donc pas à la même catégorie de poids que le Skyworth Z9, l’eActros 600 ou le Tesla Semi. Ce segment reste néanmoins important pour l’électrification de la logistique, car les services de livraison de colis, les artisans et les flottes régionales ont besoin de véhicules différents de ceux destinés au transport longue distance.

Selon Foton, la gamme Cavan repose sur une plateforme spécialement développée pour les motorisations électrifiées. Une telle architecture peut offrir davantage de liberté pour agencer la batterie, la motorisation et l’espace de chargement qu’un modèle thermique électrifié après sa conception. Des données concrètes et de futurs essais en conditions réelles devront montrer quels avantages pratiques cette plateforme apporte au véhicule exposé.

En 2026, Foton a également présenté la série Cavan C1 pour le marché britannique et fait état de premières utilisations dans plusieurs pays européens. Des informations fiables sur la gamme allemande, les prix et la disponibilité d’un réseau de service après-vente couvrant tout le territoire restent attendues. Pour les véhicules utilitaires professionnels, ce réseau est au moins aussi important que l’autonomie. Un prix d’achat avantageux est peu utile aux flottes si les réparations ou l’approvisionnement en pièces détachées entraînent de longues périodes d’immobilisation. La présence au salon souligne néanmoins qu’il faut s’attendre à l’arrivée de nouveaux concurrents sur le marché européen des véhicules de livraison électriques.
Conclusion
Des approches très différentes se côtoient à l’IAA Transportation 2026. En tant qu’ensemble proche de la production en série pour le transport longue distance, le Mercedes eActros 600 paraît le plus concret. Le Tesla Semi européen attire surtout l’attention par sa puissance, sa conception originale et son futur réseau de recharge. Skyworth, FAW, BYD, Maxus et Foton montrent parallèlement à quel point les constructeurs chinois ciblent le marché européen des véhicules utilitaires.
Outre les modèles présentés ici, de nombreuses autres marques dévoilent leurs solutions logistiques pour les prochaines années. Hanovre offre beaucoup à découvrir, notamment dans le domaine de la mobilité électrique. Les visiteurs qui souhaitent s’y rendre pourront assister aux journées ouvertes au public de ce salon qui, selon les organisateurs, se tiendra du 15 au 20 septembre. Notre principale impression sur place : l’offre de véhicules utilitaires électriques augmente rapidement, mais ce sont les infrastructures de recharge, le service après-vente et la fiabilité des coûts d’exploitation qui détermineront quels concepts s’imposeront au quotidien.

