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Bentley Torcal : la première Bentley électrique dotée de technologies Porsche

Avec le Torcal, Bentley lance son premier modèle 100 % électrique en s’appuyant largement sur les technologies du groupe issues de l’architecture PPE, notamment une grande batterie de 113 kWh et une puissance de recharge très élevée. Reste surtout à voir dans quelle mesure Bentley adaptera le châssis, la direction et l’expérience sonore à ses propres exigences de luxe afin de se distinguer du modèle Porsche techniquement apparenté.

Bentley Torcal : la première Bentley électrique, mais pas conçue à partir de rien

Le Bentley Torcal marque une étape majeure pour la marque de luxe britannique : il s’agit de la première Bentley entièrement électrique, sous la forme d’un SUV crossover. Mais pour séduire la clientèle traditionnelle de Bentley, être « simplement électrique » ne suffit pas. L’essentiel sera de savoir avec quelle maîtrise le Torcal parvient à réunir confort, performances et identité de marque.

Sur le plan technique, le Torcal n’est pas une création isolée, mais profite des synergies au sein du groupe. C’est une pratique courante dans cette catégorie de véhicules, car le développement d’une architecture 800 volts, de la recharge haute puissance et de systèmes modernes de gestion du châssis est coûteux. Bentley s’appuie ainsi sur une plateforme également utilisée par les marques plus sportives du groupe, tout en souhaitant l’orienter sensiblement vers le luxe et le « caractère Bentley ».

Plateforme PPE, 113 kWh et recharge à 400 kW : les principales caractéristiques techniques

Le véhicule repose sur la Premium Platform Electric (PPE). L’un de ses principaux composants est une batterie de 113 kWh qui, selon la source, comprend 192 cellules souples et doit permettre au Torcal d’offrir une autonomie de plus de 600 km. Bentley souligne que cette valeur doit être atteinte avec un équipement complet, et non avec une version « de laboratoire » optimisée pour afficher un chiffre flatteur.

Pour la recharge rapide, Bentley annonce une puissance maximale pouvant atteindre 400 kW. Le passage classique de 10 à 80 % devrait être effectué en moins de 20 minutes. Au quotidien, cela signifie de courtes pauses de recharge sur les longs trajets, à condition que l’infrastructure HPC adaptée fournisse cette puissance de manière fiable et que la gestion thermique de la batterie maintienne durablement le rythme.

Ce que cela signifie au quotidien

  • Longs trajets : l’autonomie visée de plus de 600 km réduit le nombre d’arrêts de recharge, mais à vitesse élevée sur autoroute, la consommation réelle déterminera l’ampleur de cet avantage.
  • Temps de recharge : moins de 20 minutes pour passer de 10 à 80 % constitue une excellente valeur dans la catégorie des SUV de luxe, à condition que la courbe de recharge ne chute pas trop tôt.
  • Poids : environ 2,7 t, ce qui rend d’autant plus importants la récupération d’énergie, les pneus et le réglage du châssis.

Une puissance impressionnante, mais Bentley ne veut pas se limiter aux chiffres

Le Torcal devrait développer 653 kW et 1 350 Nm. En mode Launch, le passage de 0 à 100 km/h est annoncé en moins de 3 secondes. Ce sont des performances de super-SUV, qui montrent jusqu’où la technologie actuelle peut aller, même dans un lourd crossover de luxe.

Dans le même temps, Bentley tient à remettre ces chiffres en perspective : une puissance élevée ne rend pas automatiquement une voiture meilleure. Le message est clair : avec le Torcal, la facilité de conduite et la cohérence d’ensemble doivent primer sur les seuls chiffres spectaculaires.

Châssis : une « Bentleyfication » plutôt qu’une reprise à l’identique

Le châssis est particulièrement intéressant. Bentley mise sur une suspension pneumatique et des amortisseurs adaptatifs dont la détente et la compression peuvent être réglées séparément. Ce système est considéré comme très performant au sein du groupe, mais Bentley souhaite explicitement l’adapter au caractère propre de la marque.

Selon la description, le Torcal ne recevra que la version la plus évoluée du système. Au lieu de barres antiroulis classiques, le contrôle du roulis doit être assuré par les amortisseurs actifs, qui fonctionnent avec une unité moteur-pompe sur chaque essieu. Bentley affirme avoir modifié le matériel et surtout les réglages afin de rendre les différences entre les modes plus perceptibles.

Modes de conduite et garde au sol : confort, sportivité et aptitudes tout-terrain

Plusieurs programmes seront proposés, dont Comfort, Bentley, Sport et Refresh, ainsi que des modes tout-terrain comme Dirt & Trail et Snow & Grass. Le mode « Refresh » doit contribuer à lutter contre la fatigue, notamment en diffusant de l’air plus frais dans l’habitacle. Cela correspond à l’ambition de positionner le Torcal comme une voiture de voyage, et pas seulement comme un SUV performant.

La suspension pneumatique modifie la hauteur du véhicule en fonction du mode et de la vitesse. Dans les réglages tout-terrain, la carrosserie peut être relevée de 55 mm au maximum. Bentley souligne également des aptitudes tout-terrain proches de celles du Bentayga, obtenues grâce à un raffermissement du châssis dans les programmes dédiés.

Situation Variation de hauteur annoncée
Vitesse élevée, selon le mode Abaissement pouvant atteindre 30 mm
Mode Sport (abaissement anticipé) Déjà 15 mm plus bas à vitesse réduite, puis jusqu’à 30 mm
Tout-terrain (maximum) Relèvement pouvant atteindre 55 mm

Direction, mouvements de caisse et ambition de véritable voiture de conducteur

Bentley ne souhaite pas proposer des sensations de conduite stériles où tout serait entièrement gommé. Le Torcal doit s’incliner légèrement dans les virages rapides afin de permettre au conducteur de mieux percevoir l’approche des limites. Cette démarche est intéressante, car si de nombreux châssis modernes très sophistiqués offrent une stabilité extrême, ils transmettent parfois moins d’informations au conducteur.

La direction ne doit pas non plus paraître nerveuse autour du point milieu et deviendra progressivement plus directe à mesure que l’angle de braquage augmente. Bentley adapte également la réponse de la pédale d’accélérateur et la sensation au freinage. La marque cite la Bentley Continental GT comme référence en matière de caractère, ce qui indique clairement un réglage davantage orienté « Gran Turismo » que « voiture de circuit ».

Aides à la conduite de niveau 2+ et fonction de stationnement spécifique

Le bouquet d’aides à la conduite est annoncé au niveau 2+. Particularité notable : le Torcal sera la première Bentley capable d’exécuter une manœuvre de stationnement mémorisée sur une distance pouvant atteindre 200 m, le conducteur devant toutefois rester dans la voiture.

La fonction de stationnement propose trois vitesses très lentes : 3 km/h, 6 km/h et 10 km/h. Détail pratique : si le conducteur appuie sur la pédale de frein, la manœuvre ne doit pas être entièrement annulée, mais simplement mise en pause. Cette fonction semble surtout utile dans les garages étroits ou les accès difficiles plutôt que sur le parking d’un supermarché.

Habitacle : moins de surenchère d’écrans, davantage de « phygital »

Avec le Torcal, Bentley ne mise pas sur des « écrans encore plus grands », mais sur une combinaison de fonctions numériques et de commandes tactiles haut de gamme. La marque qualifie cette approche de « phygital », soit la combinaison du physique et du numérique. Dans le segment du luxe, cela peut constituer un véritable facteur de différenciation, alors que de nombreux véhicules électriques premium misent désormais presque exclusivement sur les écrans tactiles.

Parmi les équipements de confort figurent une porte se refermant automatiquement après le bouclage de la ceinture ainsi qu’une reconnaissance du conducteur par caméra afin de charger ses réglages personnels. Tout est conçu pour permettre de monter à bord et de partir immédiatement.

Sonorité électrique de Bentley : délibérément non synthétique

Le son reste un sujet émotionnel. Bentley ne veut pas d’une ambiance de science-fiction exagérée, mais d’une sonorité composée et construite de façon musicale, inspirée d’un ancien V8 de 6,75 litres. Fait intéressant : le son ne doit pas uniquement être généré par ordinateur, mais également provenir de véritables instruments afin de préserver des variations naturelles et une certaine « imperfection ».

Selon le mode de conduite, cette sonorité sera plus présente, mais elle pourra aussi être entièrement désactivée. Pour de nombreux acheteurs du segment du luxe, cette liberté de choix est précisément ce qui compte : une expérience émotionnelle lorsqu’ils le souhaitent, et un maximum de silence le reste du temps.

Mise en perspective : les technologies du groupe comme base, le caractère Bentley comme objectif

Le fait que Bentley s’appuie, pour sa première voiture électrique, sur une plateforme performante et des composants éprouvés du groupe constitue davantage un avantage qu’un défaut. L’essentiel sera de savoir si la « Bentleyfication » convainc dans les détails : aucun compromis sur le châssis, mais une priorité claire accordée au confort, à la sérénité et à une interface cohérente.

Si les architectures de recharge rapide vous intéressent de manière générale, consultez également notre comparatif 800 V contre 400 V dans une voiture électrique. Et pour connaître la référence en matière d’efficience et d’autonomie sur le marché généraliste, vous trouverez les caractéristiques du Tesla Model Y, ainsi que les meilleures autonomies du segment du luxe dans le classement des autonomies 2026.

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