Actu Électrique

Actualités · · 4 min de lecture

Un brevet Tesla veut protéger les caméras FSD contre le voile intérieur

Tesla veut s’attaquer à la cause d’un problème bien connu des caméras frontales : un film gras sur la face intérieure du pare-brise peut gêner la vision des caméras FSD, même lorsque l’extérieur est parfaitement propre. Une nouvelle demande de brevet décrit l’intégration de matériaux absorbant les COV directement dans le boîtier des caméras afin de piéger les émanations pendant des années.

Quel est l’objet du nouveau brevet de Tesla ?

Tesla a publié une demande de brevet qui s’attaque à un désagrément du quotidien : le « haze », c’est-à-dire un léger voile sur la face intérieure du pare-brise, juste devant les caméras frontales. La voiture peut alors afficher des avertissements signalant une visibilité réduite des caméras, même si l’extérieur du pare-brise est propre.

Pour les systèmes d’aide à la conduite reposant sur des caméras, il ne s’agit pas seulement d’un problème esthétique. Dès que le contraste et la netteté diminuent, la fiabilité se dégrade à contre-jour, sous la pluie ou la nuit, et le système devient plus prudent ou limite certaines fonctions.

Pourquoi ce film se forme-t-il ?

Selon Tesla, ce voile est lié à des substances appelées COV (composés organiques volatils), ainsi qu’à des composés semi-volatils. Ceux-ci peuvent être libérés pendant longtemps par les plastiques, les adhésifs et d’autres matériaux présents dans l’habitacle.

Dans certaines zones, notamment autour du module de caméras situé derrière le rétroviseur intérieur, ces substances peuvent se déposer sur le pare-brise et s’y condenser sous forme de film. Le problème est particulièrement frustrant pour les propriétaires, car un nettoyage classique de l’extérieur de la vitre ne sert à rien.

Un problème connu : le nettoyage est possible, mais fastidieux

Le sujet n’est pas nouveau pour Tesla. Sur certains véhicules concernés, il faut procéder à un nettoyage ciblé derrière le cache de la zone des caméras. Selon le modèle, cela nécessite de démonter le rétroviseur ou l’habillage des caméras afin d’accéder réellement à la partie du pare-brise touchée.

Aux États-Unis, une intervention a déjà été proposée à cet effet, généralement pour environ 50 à 89 dollars américains. Pour la région DACH — Allemagne, Autriche et Suisse germanophone — cela signifie surtout que le problème peut en principe être résolu, mais qu’il ne s’agit pas d’un simple « petit coup rapide sur le pare-brise ».

La solution envisagée dans le brevet : piéger les COV avant qu’ils n’atteignent le pare-brise

Le point intéressant de cette demande de brevet réside dans le changement de perspective : Tesla ne décrit pas seulement comment faciliter le nettoyage, mais aussi comment réduire les dépôts de manière préventive.

Concrètement, il est question de pièces en plastique situées à proximité des caméras frontales et enrichies de particules d’aluminosilicate cristallines et microporeuses. Il s’agit de structures semblables aux zéolithes, dotées de minuscules pores capables d’attirer et de retenir certaines molécules.

Comment le matériau est censé fonctionner

  • La base est constituée de polypropylène auquel sont mélangées des particules absorbantes.
  • Selon la configuration, les pores mesureraient environ 3 à 10 Å afin de « capturer » différents composés.
  • Dans certains exemples de réalisation, Tesla mentionne une proportion de particules très élevée, d’environ 70 % en poids.

Point important : Tesla ne parle pas d’appliquer un simple revêtement en surface. Les particules absorbantes seraient au contraire réparties dans l’ensemble du plastique, afin que les composants puissent continuer à piéger les COV pendant une longue période.

Quels avantages au quotidien, en particulier pour les caméras FSD ?

Si cette solution est intégrée à des véhicules de série, ses effets concrets seraient assez clairs : moins de film intérieur sur le pare-brise dans la zone des caméras → moins d’avertissements concernant une visibilité réduite et, dans l’idéal, des performances plus stables des systèmes d’aide à la conduite au fil des années.

C’est particulièrement important pour les véhicules qui dépendent fortement des caméras. Même si le « FSD » (« Full Self-Driving », le système de conduite assistée de Tesla) présente en Europe — et donc dans la région DACH — des fonctions et un cadre réglementaire différents de ceux des États-Unis, tous les systèmes à caméras bénéficient d’une optique aussi nette que possible.

Cette solution arrivera-t-elle immédiatement sur les nouvelles Tesla ?

Non, un brevet ne constitue pas encore la confirmation d’une mise en production. Les brevets montrent surtout les pistes étudiées par une entreprise et les solutions qu’elle souhaite protéger. Mais le fait que Tesla ait déjà publiquement présenté ce sujet comme une priorité et décrive désormais une contre-mesure passive concrète constitue un signal positif.

Si vous vous intéressez de manière générale à l’évolution des caméras et du FSD de Tesla, vous pouvez également consulter les discussions actuelles de Tesla autour du HW4 et des modèles FSD. Et pour mieux situer les véhicules qui servent le plus souvent de référence sur ce marché, la page consacrée au Tesla Model Y constitue une bonne base.

Mise en perspective : une petite cause aux grandes conséquences

Un voile laiteux sur quelques centimètres carrés de verre peut sembler anodin. Pourtant, pour un système de perception reposant sur des caméras, il peut faire la différence entre un fonctionnement discret et l’affichage d’un message demandant de nettoyer la caméra. Le brevet de Tesla cible précisément ces effets invisibles à long terme, à peine perceptibles sur un véhicule neuf, mais qui peuvent soudainement devenir gênants après plusieurs années.

Cette approche s’inscrit aussi dans une tendance plus large : au lieu d’améliorer uniquement les logiciels, les constructeurs optimisent les conditions physiques afin que les capteurs continuent de fonctionner proprement dans la durée. Dans la pratique, c’est souvent ce levier qui permet de réellement améliorer la fiabilité.

Sur le même sujet

Toutes les actualités

Actualités ·

BMW M et l’électrique : quatre moteurs, logiciel maison et véritable ADN sportif

BMW M entend préserver son ADN issu de la compétition à l’ère électrique, sans recourir à des imitations bon marché comme de faux changements de rapport interrompant la motricité. La marque travaille sur une configuration haute performance associant quatre moteurs, vectorisation du couple et logiciel M dédié sur la plateforme « Neue Klasse ». En parallèle, M continue de miser sur les moteurs thermiques et adapte ses six-cylindres en ligne et V8 à la norme Euro 7.

Actualités ·

Tesla FSD 14.3.9 apporte une assistance automatique à l’évitement des collisions

Avec le logiciel 2026.27.5, Tesla déploie en interne FSD (Supervised) v14.3.9, qui comprend une nouvelle assistance automatique à l’évitement des collisions capable d’intervenir brièvement sur la direction en cas d’urgence. Plusieurs optimisations de l’IA et de l’environnement d’exécution doivent également améliorer le temps de réaction et le comportement dans les situations rares.

Actualités ·

Le Tesla Model Y (2026) décroche la distinction IIHS Top Safety Pick+

Le Tesla Model Y de l’année-modèle 2026 a reçu la distinction Top Safety Pick+ de l’institut américain de sécurité IIHS. Selon l’IIHS, le véhicule a obtenu les meilleures notes lors des essais de collision concernés. Pour les acheteurs de la région DACH — Allemagne, Autriche et Suisse —, il s’agit surtout d’un nouvel indicateur du haut niveau de sécurité de la plateforme, même si les critères de l’IIHS ne correspondent pas exactement à ceux des essais européens.