Audi et SAIC créent un centre de développement AUDI à Shanghai
Audi et le constructeur automobile chinois SAIC renforcent leur coopération en Chine en ouvrant leur propre centre d’innovation et de technologie à Shanghai. Son nom : AUDI Innovation & Technology Center (AITC). Une précision importante s’impose : il ne s’agit pas de la marque Audi traditionnelle aux quatre anneaux, mais d’AUDI, une marque sœur spécialement créée pour la Chine et dotée d’une identité propre.
Ce nouveau centre doit servir de pilier local pour la R&D et faire évoluer la coopération actuelle, jusqu’ici largement axée sur les produits et la chaîne d’approvisionnement, vers un écosystème de développement complet sur place. Pour Audi, il s’agit clairement d’accélérer considérablement les cycles de développement sur le plus grand marché mondial des voitures électriques.
Quatre nouveaux modèles sur ADP 2.0, avec une première présentation en 2028
L’AITC doit développer quatre nouveaux modèles AUDI. Ils reposeront sur l’ADP 2.0 (Advanced Digitized Platform 2.0). Le premier de ces véhicules doit être présenté en 2028. Ces nouveaux modèles constituent une deuxième vague de produits destinée au marché chinois et doivent élargir la gamme AUDI actuelle.
AUDI est déjà présente sur le marché : après le lancement de l’E5 Sportback, un SUV baptisé E7X a suivi, tandis qu’un autre modèle est également annoncé pour 2027. Les quatre véhicules reposant sur l’ADP 2.0 arriveront ensuite et marqueront la prochaine grande étape de cette expansion.
Un point intéressant pour l’Europe : ces plateformes et environnements logiciels exclusivement destinés à la Chine ne signifient pas automatiquement que cette technologie arrivera chez nous à l’identique. Leur orientation reste toutefois pertinente, car elle révèle les fonctions et les méthodes de développement auxquelles le groupe accorde la priorité, ainsi que les équipements qui pourraient apparaître ultérieurement sur des modèles européens.
Priorités : technologies intelligentes pour véhicules électriques, IA dans l’habitacle et systèmes d’aide à la conduite
L’AITC doit se concentrer sur les technologies « Smart EV », notamment le développement des véhicules, y compris leur dynamique de conduite et leur comportement routier, les habitacles assistés par IA et les systèmes d’aide à la conduite de nouvelle génération. Audi mentionne également les Software-defined Vehicles (SDV) et les AI-defined Vehicles (AIDV), c’est-à-dire les véhicules définis par logiciel et par IA. En termes simples, les fonctions seront de plus en plus déterminées par les logiciels et les données, puis régulièrement enrichies, au lieu d’être définitivement figées au moment de l’achat.
Pour les acheteurs chinois, c’est désormais un argument décisif : les mises à jour rapides, les systèmes d’infodivertissement fortement intégrés et les fonctions d’aide à la conduite performantes y sont beaucoup plus attendus qu’il y a encore quelques années. Avec AUDI, Audi se rapproche donc délibérément des pratiques de développement et d’utilisation qui deviennent la norme sur le marché chinois.
Effectifs, direction et participations
L’AITC démarre avec une équipe d’environ 300 personnes. Matthias Pfister en assure la direction opérationnelle en tant que directeur général, tandis que SAIC nomme Shan Yunwei au poste de directeur général adjoint. Fort de son expérience chez SAIC Volkswagen, Pfister doit réunir au sein du centre la stratégie, l’intégration du développement et le développement commercial.
La structure est également remarquable : SAIC, Audi et Volkswagen Group China participent à cette coentreprise. Leurs parts respectives s’élèvent à 49 % pour SAIC, 41 % pour Audi et 10 % pour Volkswagen Group China. Il est donc clair qu’il ne s’agit pas d’une simple relation de fourniture, mais d’une véritable plateforme de développement à long terme, fortement ancrée localement.
Ce que cela implique pour la région DACH — Allemagne, Autriche et Suisse germanophone
Même si la marque AUDI vise dans un premier temps clairement la Chine, cette initiative envoie un signal important. Premièrement, elle montre à quel point les constructeurs haut de gamme s’appuient désormais sur des structures de développement locales en Chine pour rester compétitifs dans les logiciels, les habitacles intégrant l’IA et les systèmes d’aide à la conduite. Deuxièmement, les technologies du groupe pourraient à moyen terme se diffuser dans d’autres régions, par exemple sous la forme de nouvelles interfaces utilisateur, architectures informatiques ou stratégies de mise à jour.
L’observation de la stratégie chinoise des marques haut de gamme révèle également une tendance : les plateformes, les logiciels et les chaînes d’approvisionnement sont de plus en plus conçus à l’échelle régionale afin de gagner en rapidité. Cela ne marque pas l’abandon de « l’ingénierie allemande », mais plutôt l’adoption d’une approche hybride : normes de développement allemandes, rapidité chinoise et disponibilité locale des composants → commercialisation plus rapide des produits.



