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CATL fait de l’Égypte un nouveau site de production de batteries

CATL et BME mettent en place en Égypte une usine de batteries d’une capacité annuelle initiale de 1 GWh. Le site doit ensuite atteindre 5 GWh et produire également des batteries pour voitures particulières ainsi que des systèmes stationnaires de stockage d’énergie.

CATL apporte sa technologie de batteries en Égypte

L’Égypte doit accueillir un nouveau site de production de batteries. Le fabricant local de batteries BME et CATL ont conclu un accord visant à produire dans un premier temps des systèmes de batteries pour véhicules utilitaires lourds dans le pays.

CATL assumera principalement le rôle de partenaire technologique. Le groupe chinois fournira la technologie de batteries, les équipements de production et l’assistance technique, tandis que BME apportera ses capacités locales de fabrication et de développement.

Le projet débutera avec des batteries pour camions électriques, avant d’évoluer à long terme vers un site de production plus diversifié, consacré à la mobilité et au stockage d’énergie.

Deux phases d’expansion jusqu’à 5 GWh

L’usine prévue doit être construite en deux phases. Aucun calendrier ferme n’a toutefois encore été communiqué pour le démarrage de la production et l’extension ultérieure.

Phase d’expansionCapacité annuelleProduits prévus
Phase 11 GWhSystèmes de batteries pour véhicules utilitaires lourds
Phase 25 GWh au totalBatteries pour véhicules utilitaires et voitures particulières, ainsi que systèmes de stockage stationnaires

Des investissements de plus de deux milliards de livres égyptiennes sont prévus pour la première phase. Au taux de change de l’époque, cela correspondait à environ 33 millions d’euros. Aucun chiffre n’a encore été communiqué concernant les investissements supplémentaires nécessaires pour porter la capacité à 5 GWh.

Une capacité de 1 GWh reste très inférieure à celle des plus grandes usines de cellules au monde, mais elle est significative pour lancer une production régionale destinée aux véhicules utilitaires. Les batteries des camions électriques lourds sont nettement plus grandes que celles des voitures particulières, si bien que cette première phase atteint déjà une échelle industrielle et non expérimentale.

Un objectif de 40 % de valeur ajoutée locale

BME a été fondée par le constructeur égyptien de véhicules utilitaires MCV et l’entreprise industrielle Auto D. La nouvelle usine vise une part de valeur ajoutée locale de 40 %. Pour y parvenir, des réseaux régionaux de fournisseurs, des compétences d’ingénierie et un savoir-faire industriel doivent être progressivement développés.

Les systèmes de batteries produits localement doivent approvisionner les constructeurs automobiles égyptiens tout en étant proposés sur les marchés internationaux. Des distances de transport plus courtes peuvent réduire les coûts d’importation, les contraintes logistiques et la dépendance à l’égard de systèmes de batteries entièrement importés. Les pays d’exportation envisagés n’ont pas encore été précisés.

La chimie des cellules qui seront fabriquées en Égypte n’a pas non plus été indiquée. Pour les applications sensibles aux coûts, le marché international s’oriente toutefois fortement vers la technologie LFP, comme le montre également l’évolution du marché chinois des batteries.

CATL mise une nouvelle fois sur le transfert de technologie

Ce modèle correspond à une stratégie déjà employée par CATL dans d’autres projets internationaux. Au lieu de posséder et d’exploiter elle-même chaque usine, l’entreprise peut concéder sa technologie sous licence, fournir les équipements de production et apporter une assistance technique au partenaire local.

Une usine de batteries de Ford située dans l’État américain du Michigan en est un exemple connu. Ford possède et exploite l’usine, tandis que la technologie LFP qui y est utilisée provient de CATL. Dans le cadre du projet égyptien, BME doit de la même manière fournir la base industrielle locale.

Le choix de se concentrer sur les véhicules utilitaires lourds est logique, car les bus, les camions et les autres véhicules à usage professionnel bénéficient tout particulièrement de systèmes de batteries robustes et disponibles localement. L’utilisation de la Blade Battery dans des locomotives montre également que la technologie des batteries s’étend depuis longtemps au-delà des voitures électriques classiques.

Le stockage stationnaire pourrait devenir stratégique

La deuxième phase d’expansion doit étendre la production au-delà du secteur automobile. Des systèmes stationnaires de stockage par batteries destinés à l’énergie solaire et éolienne sont prévus. Ces installations peuvent absorber les pics de production et réinjecter ultérieurement l’énergie dans le réseau.

Pour l’Égypte, le projet ouvre ainsi deux perspectives : une chaîne d’approvisionnement régionale pour les véhicules électrifiés et des capacités de stockage supplémentaires pour le secteur énergétique. Il ne créera pas à court terme de nouvelle source directe d’approvisionnement pour le marché européen, mais il illustre à plus long terme la diversification internationale croissante de la production de batteries.

Le calendrier et la chaîne d’approvisionnement seront déterminants

Les objectifs sont ambitieux, mais des informations essentielles font encore défaut. Outre la date de lancement de la production, ni les formats et chimies de cellules prévus, ni les clients ou marchés d’exportation précis ne sont connus. La mise en place d’une chaîne d’approvisionnement locale devrait également déterminer si la part de valeur ajoutée visée pourra réellement être atteinte.

La participation de CATL apporte néanmoins un avantage important au projet : une technologie de batteries éprouvée et une expérience de la montée en cadence de grandes installations de production. Si le projet aboutit, l’Égypte pourrait devenir un pôle régional important pour les batteries destinées aux véhicules utilitaires et au stockage d’énergie.

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