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Chine : la capacité solaire dépasse le charbon, un coup de pouce pour les voitures électriques

Pour la première fois, la Chine dispose d’une capacité solaire installée supérieure à celle de ses centrales au charbon, avec 1 288 GW contre 1 285 GW. C’est un signal important pour le marché en plein essor des voitures électriques, même si le charbon reste en tête pour la quantité d’électricité effectivement produite.

La Chine a installé davantage de solaire que de charbon : ce que cela signifie pour les voitures électriques

La Chine est le plus grand marché électrique au monde et franchit un cap dans le développement de ses capacités de production : pour la première fois, la capacité solaire installée devance légèrement la capacité installée des centrales au charbon. Les chiffres annoncés sont de 1 288 GW de solaire contre 1 285 GW de charbon. Le solaire représente ainsi environ 31,5 % de la capacité totale de production installée et constitue la première source du système en termes de puissance.

Le moment est particulièrement intéressant, car la Chine électrifie parallèlement son marché automobile à grande vitesse. À terme, davantage de solaire dans le système signifie davantage de kilomètres parcourus avec moins de CO2 par kWh, à condition que les réseaux, le stockage et la gestion de la demande progressent au même rythme. Cela concerne également l’espace germanophone DACH — Allemagne, Autriche et Suisse —, car de nombreuses voitures électriques et batteries vendues en Europe proviennent directement ou indirectement de Chine, avec le mix électrique utilisé pour leur production.

Un détail important : la puissance installée ne correspond pas à la production d’électricité

Le titre peut laisser penser que « le solaire bat le charbon », mais cela ne vaut dans un premier temps que pour la capacité installée. Dans la pratique, les centrales et les installations renouvelables ne fournissent pas en permanence leur puissance nominale. Le taux d’utilisation du solaire est généralement nettement inférieur à celui du charbon, puisque le soleil ne brille pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Les centrales au charbon peuvent en revanche fonctionner de manière plus prévisible et plus longtemps, avec un taux d’utilisation plus élevé.

La Chine produit donc actuellement toujours davantage d’électricité à partir du charbon que du solaire. Mais la tendance s’inverse visiblement : au premier semestre 2026, l’éolien et le solaire ont représenté ensemble 24,6 % de la production d’électricité, contre 49,7 % pour le charbon. Il s’agit d’une étape majeure, car la part du charbon passe ainsi pour la première fois sous le seuil des 50 %.

Pourquoi le solaire progresse-t-il malgré tout aussi vite, en dépit de la baisse des aides ?

Le développement se poursuit depuis des années à un rythme record, principalement grâce à de vastes parcs solaires. En 2026, les nouvelles installations ont certes progressé moins vite que l’année précédente, car la Chine a réduit, voire supprimé, les tarifs de rachat garantis et le solaire doit davantage s’imposer sur le marché. Les constructions restent néanmoins soutenues, car les nouvelles installations solaires sont tout simplement peu coûteuses à construire dans de nombreuses régions.

Cela a un effet direct sur l’électrification des transports : plus l’électricité est abordable et propre, meilleur est le bilan global des voitures électriques, tant sur le plan écologique que macroéconomique.

Le charbon reste dans le système, et c’est déterminant pour la transition

Malgré le record du solaire, le charbon reste un acteur dominant en Chine. Cela s’explique notamment par les contrats à long terme existants et par le rôle du charbon comme « filet de sécurité » pour le réseau. Les centrales fossiles peuvent ainsi continuer à fonctionner même lorsque des énergies renouvelables sont disponibles, entraînant l’écrêtement de l’électricité renouvelable.

C’est précisément ici qu’interviennent deux leviers aussi importants pour la mobilité électrique que pour la stabilité du réseau : le stockage et les usages flexibles. Les batteries stationnaires, mais aussi d’autres technologies de stockage, peuvent absorber les pics de production solaire et restituer cette énergie le soir. À terme, les voitures électriques pourront contribuer à cette flexibilité en se rechargeant lorsque le réseau dispose d’une grande quantité d’électricité renouvelable.

Impact concret : conduire une voiture électrique en Chine devient-il automatiquement plus propre ?

Pas automatiquement, mais la tendance va dans ce sens. Une capacité solaire accrue signifie d’abord davantage d’électricité verte potentiellement disponible. Son utilisation effective pour la recharge dépend de l’heure de la journée, de la région, des congestions du réseau et des capacités de stockage disponibles. La tendance est néanmoins claire : à mesure que la part du charbon recule dans la production, le bilan climatique de chaque kilomètre parcouru à l’électricité s’améliore progressivement.

Dans la pratique, l’essentiel est que l’éolien et le solaire fournissent déjà ensemble près d’un quart de l’électricité et continuent de progresser, tandis que la part du charbon diminue. C’est cette trajectoire qui permet véritablement de déployer la mobilité électrique à grande échelle, non seulement en matière de ventes de véhicules, mais aussi de réduction des émissions.

Mise en perspective pour l’Europe : pourquoi cela intéresse l’espace DACH

En Europe, la question « La voiture électrique est-elle vraiment écologique ? » revient souvent dans les débats. La Chine offre actuellement un exemple extrême de deux évolutions parallèles : une hausse rapide des ventes de voitures électriques et, simultanément, un développement massif des sources d’électricité renouvelable. Cela compte pour l’empreinte climatique mondiale, car la Chine joue un rôle majeur aussi bien dans la consommation d’électricité que dans les émissions de CO2.

Par ailleurs, le marché européen des voitures électriques dépend de plus en plus de chaînes d’approvisionnement mondiales pour les cellules de batteries et les composants. À moyen terme, un mix électrique chinois plus propre peut également améliorer le bilan carbone de la production, qui joue un rôle important dans de nombreuses analyses du cycle de vie.

Ce que cela révèle plus généralement sur le marché des voitures électriques

Développer les voitures électriques ne représente que la moitié du chemin : c’est le mix électrique qui détermine l’ampleur réelle de leur effet sur le climat.

La Chine a atteint un stade où les chiffres des installations montrent que les infrastructures nécessaires à une production accrue d’électricité renouvelable sont déployées à grande échelle. Dans le même temps, le défi consiste toujours à remplacer plus rapidement le charbon dans la production réelle, sans compromettre la sécurité de l’approvisionnement.

Pour qui s’intéresse à la concurrence dans la mobilité électrique, une tendance claire se dessine également : les grands marchés ne s’électrifient pas de manière isolée, mais en parallèle de leur système énergétique. Ce rythme devient aussi de plus en plus une référence en Europe.

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