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Ford mise sur la plateforme Geely à Valence, un SUV électrique attendu en 2029

Ford prévoit de produire à Valence un nouveau SUV crossover compact reposant sur l’architecture électrifiée GEA de Geely. Geely prendra une participation de 34 % dans l’usine en échange de 221 millions d’euros, une opération également stratégique au regard des règles européennes et des droits de douane à l’importation. Le lancement commercial est annoncé pour 2029, tandis que Ford prévoit aussi d’y fabriquer dès 2028 un SUV Bronco reposant sur sa propre plateforme.

Constantin Hoffmann

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Ford et Geely : un nouveau SUV électrique produit à Valence à partir de 2029

Pour développer un nouveau SUV compact en Europe, Ford fait appel au savoir-faire chinois : à partir de 2029, le site de Valence doit produire un crossover reposant sur la plateforme GEA électrifiée de Geely. Le projet sera mené dans le cadre d’une coentreprise officiellement confirmée par les deux entreprises.

Du point de vue européen, l’intérêt réside moins dans le simple accord de plateforme que dans sa conséquence : une production au sein de l’UE. Valence devient ainsi l’un des piliers de la stratégie de Geely visant à fabriquer davantage de véhicules directement en Europe afin de mieux maîtriser les chaînes d’approvisionnement, les risques liés aux coûts et les barrières commerciales.

Qu’est-ce que l’architecture GEA et pourquoi intéresse-t-elle Ford ?

Chez Geely, GEA désigne une architecture automobile modulaire et électrifiée qui équipe déjà des modèles commercialisés en Europe. Parmi eux figurent un SUV entièrement électrique, le Geely EX5, ainsi qu’un hybride rechargeable, le Starray. Ford souhaite utiliser cette base pour son propre véhicule, dont le style devra se distinguer clairement des modèles Geely.

D’après les informations connues à ce jour, Ford vise un design « éprouvé en rallye » et une mise au point correspondante. Les références citées comprennent des icônes de Ford en compétition automobile telles que l’Escort, la RS200 et la Sierra Cosworth. Il s’agit donc d’associer une technologie électrique moderne à un positionnement dynamique cohérent avec la marque, sans que Ford ait à repartir de zéro.

Structure de l’accord : Geely acquiert 34 % de l’usine Ford

Dans le cadre de cette coopération, Geely n’intervient pas seulement comme partenaire technologique, mais aussi comme investisseur : sa filiale Centurion Industries versera 221 millions d’euros pour obtenir une participation de 34 % dans l’usine de Valence. Pour Geely, cette solution constitue un raccourci par rapport à la construction d’une usine entièrement nouvelle, avec moins de capitaux immobilisés et un risque de mise en œuvre réduit.

Geely a déjà appliqué un modèle similaire en Corée du Sud, lorsque Centurion Industries a acquis 34 % de Renault Korea Motors et de son usine de Busan. La stratégie est claire : Geely privilégie les prises de participation et la production locale plutôt que les seules exportations.

Droits de douane de l’UE et « Made in Europe » : la production devient un avantage concurrentiel

Le calendrier ne doit rien au hasard. Dans l’UE, les approches « Made in Europe », susceptibles de favoriser les voitures électriques produites localement, gagnent en importance. Dans le même temps, les droits de douane constituent un facteur déterminant : pour les voitures électriques Geely fabriquées en Chine, le taux actuellement mentionné atteint 28,8 %, y compris le droit de douane ordinaire de l’UE de 10 %.

Production locale → moins de risques douaniers et davantage de visibilité pour la planification. Geely a également annoncé vouloir renforcer la localisation de sa chaîne d’approvisionnement européenne, un levier qui devient rapidement décisif lorsque les volumes augmentent.

Valence prend de l’importance pour Geely, tandis que Ford prépare parallèlement un SUV Bronco

Le nouveau directeur de Geely Auto Group a indiqué qu’à terme, Valence devrait produire « toute une série de modèles » pour la marque. Cela correspond à l’ambition de Geely de réaliser à l’avenir environ deux tiers de ses ventes hors de Chine, contre approximativement un tiers aujourd’hui.

Pour Ford, Valence reste également un site essentiel, mais pas exclusivement pour les technologies de Geely. À partir de 2028, l’usine doit aussi produire un SUV de la marque Bronco, reposant sur une plateforme maison. Sur le plan technique, il pourrait s’inscrire dans la lignée de l’actuel Kuga, mais il n’utilisera pas l’architecture Geely.

Analyse : les « coentreprises inversées » deviennent courantes en Europe

Cette configuration illustre une tendance du marché automobile européen : les constructeurs historiques exploitent la structure de coûts et l’expérience des partenaires chinois dans l’électrique au lieu de tout développer seuls. Il s’agit moins d’un « bradage » que d’une réaction pragmatique aux cycles de développement, au coût des plateformes et à la pression sur les marges dans un marché en pleine transformation.

Des partenariats similaires apparaissent ailleurs, notamment lorsque des groupes occidentaux associent les capacités inutilisées de leurs usines européennes à des plateformes technologiques chinoises. Pour mieux mesurer le poids désormais acquis en Europe par les marques chinoises et les nouveaux acteurs, on peut également consulter des chiffres et des exemples tirés du marché : ventes de voitures électriques en 2026, avec la surprise Leapmotor.

Ce que cela pourrait signifier pour les acheteurs de la région DACH

Il reste encore du temps avant 2029 et de nombreux détails techniques concernant le modèle Ford demeurent inconnus. Il est néanmoins déjà possible d’esquisser les effets potentiels : une production locale en Espagne peut stabiliser les délais de livraison, réduire les risques tarifaires liés aux droits de douane et augmenter les chances de voir les versions et les équipements mieux adaptés aux besoins européens.

Sur le plan technique, la manière dont Ford configurera la plateforme sera particulièrement importante : versions 100 % électriques, hybrides rechargeables ou les deux, l’objectif d’une offre « multi-énergie » ayant été évoqué. Les systèmes de recharge et l’architecture de la plateforme ont une influence majeure au quotidien, ce qui fait du débat entre 800 volts et 400 volts un point de référence toujours pertinent : 800 V contre 400 V : quelle architecture convient à une voiture électrique en 2026 ?

Ce qui comptera vraiment en 2029

  • Puissance et courbe de recharge (et pas uniquement la puissance maximale en kW)
  • Efficience à vitesse autoroutière et en hiver
  • Intégration logicielle (mises à jour, systèmes d’aide à la conduite, navigation avec planification des recharges)
  • Positionnement tarifaire face aux concurrents européens et aux importations chinoises

Le plan européen de Geely et les prochaines étapes

Geely entend fortement se développer en Europe et vise à long terme un total de 400 000 voitures par an pour les marques Geely, Lynk & Co et Zeekr. Parallèlement, le groupe étudie plus activement la possibilité de produire en Europe : à partir de 2028, des véhicules de Geely Auto Group devraient notamment être fabriqués dans des usines Volvo européennes.

Pour Ford, cette coopération constitue un élément supplémentaire de sa stratégie visant à lancer plus rapidement et à moindre coût de nouveaux modèles électrifiés en Europe. Pour le marché, cela signifie surtout davantage de plateformes partagées, une production plus localisée et une concurrence encore plus intense qui, dans l’idéal, devrait aussi se traduire par de meilleurs prix et une accélération des progrès technologiques.

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