En Allemagne, Kia entrevoit un retournement de tendance grâce à l’essor des électriques dans son carnet de commandes
Kia Allemagne sort d’une année difficile : en 2025, la marque a enregistré 60 400 nouvelles immatriculations, son niveau le plus faible depuis 2015. Un retournement se dessine désormais pour 2026, principalement grâce à une forte hausse de la demande de voitures électriques.
Selon les estimations internes, cette dynamique s’est renforcée au fil de l’année, au-delà des attentes formulées fin 2025. Cela a eu une conséquence très concrète : au premier semestre, la production n’a parfois pas pu suivre le rythme des commandes. Pour la clientèle, cela signifie surtout que les personnes souhaitant acquérir un modèle très demandé doivent s’attendre, selon la version, à des délais de livraison plus longs.
Un carnet de commandes multiplié par trois, avec environ 70 % de modèles électriques
La composition des commandes est particulièrement frappante : le carnet actuel serait environ trois fois plus important que l’année précédente. Selon Kia, les voitures 100 % électriques (BEV) représentent environ 70 % de ce volume.
Sur l’ensemble de l’année, Kia vise 70 000 nouvelles immatriculations en Allemagne. La part des modèles 100 % électriques devrait dépasser 50 %, soit nettement plus que l’objectif prévu jusqu’ici (40 %) et bien au-dessus de la moyenne actuelle du secteur, qui s’établit à un peu plus d’un quart.
Quels modèles stimulent les ventes ?
Kia cite comme principaux moteurs de ses ventes électriques le SUV compact EV3 ainsi que le petit SUV EV2, lancé en mars. Parallèlement, le Sportage à motorisation thermique reste important et occupe la troisième place dans le classement interne.
Fait intéressant : Kia estime que l’EV2 pourrait bientôt détrôner l’EV3 et devenir son modèle électrique le plus vendu en Allemagne. Cette perspective correspond à la dynamique du marché, car sur les segments de grande diffusion, le prix, la disponibilité et une autonomie adaptée au quotidien pèsent souvent davantage que le prestige ou la puissance maximale.
La pression chinoise est bien réelle, et Kia répond en misant sur l’Europe
La concurrence, notamment celle des constructeurs chinois, reste un facteur central. Les analyses du marché indiquent qu’une part significative de la clientèle des marques coréennes envisage également des constructeurs chinois pour son prochain achat automobile. Elles montrent aussi que les anciens propriétaires de Kia se tournent plus souvent que la moyenne vers des marques telles que BYD et MG.
Face à cette situation, Kia mise sur ses atouts traditionnels : la qualité de ses produits, un réseau de concessionnaires bien établi et une production en Europe. La marque porte par ailleurs un regard critique sur la croissance de certains concurrents, soulignant que leurs ventes pourraient parfois être largement soutenues par des remises et des immatriculations tactiques. En définitive, il s’agit d’une course opposant des produits attractifs et disponibles à des prix agressifs et de fortes incitations commerciales.
Objectif 2030 : 100 000 immatriculations, dont 70 % de modèles électriques
Kia se projette également à plus long terme : d’ici 2030, Kia Allemagne vise 100 000 nouvelles immatriculations, avec une part de modèles 100 % électriques d’environ 70 %. Cet objectif est ambitieux, mais plausible si la gamme continue de s’étoffer et si la demande de véhicules électriques reste élevée.
Analyse pour le marché DACH
Pour le marché DACH — Allemagne, Autriche et Suisse — le message est avant tout le suivant : Kia se positionne clairement comme une marque généraliste fortement axée sur l’électrique, dans un contexte où les décisions d’achat reposent de plus en plus sur une combinaison de prix, d’autonomie, de recharge et de délai de livraison. C’est précisément sur ce cœur du marché que la concurrence devrait être la plus intense entre 2026 et 2030.



