LG Energy Solution mise sur le lithium de l’Arkansas avec un contrat à long terme à partir de 2029
LG Energy Solution (LGES) a conclu un contrat d’approvisionnement à long terme avec Smackover Lithium. À partir de 2029, LGES doit recevoir chaque année 8 000 tonnes de carbonate de lithium de qualité batterie provenant de l’Arkansas. Durée du contrat : dix ans, soit un total de 80 000 tonnes.
Précision importante : il s’agit d’un contrat d’enlèvement ferme (« take-or-pay »). Autrement dit, LGES doit prendre livraison des volumes convenus ou les payer malgré tout, même si ses besoins évoluent. Les prix et les autres modalités restent confidentiels.
Qui se trouve derrière Smackover Lithium et quelle capacité le projet doit-il atteindre ?
Smackover Lithium est une coentreprise créée en 2024 par Standard Lithium (55 %, opérateur) et Equinor (45 %). Elle se concentre sur des projets d’extraction directe du lithium à partir de saumures en Arkansas et au Texas. Le contrat porte initialement sur le South West Arkansas Project, dont le démarrage de la production commerciale est actuellement prévu pour 2029.
Lors de sa première phase de développement, le projet doit atteindre une capacité de 22 500 tonnes de carbonate de lithium par an. Avec 8 000 tonnes par an, LGES réserverait ainsi plus d’un tiers de cette capacité. Cela montre à quel point ces contrats d’achat sont essentiels pour les nouveaux projets de matières premières : sans acheteurs fiables, il est difficile d’obtenir des financements de plusieurs milliards.
Financement : les contrats d’achat, clé du lancement de la construction
Smackover Lithium compte déjà un autre client majeur : Trafigura a également signé un contrat de dix ans portant sur 8 000 tonnes par an. À terme, la coentreprise souhaite trouver des acheteurs à long terme pour environ 80 % de la capacité de production prévue. Les contrats déjà conclus couvriraient environ 90 % de cet objectif, et un autre accord de moindre ampleur doit encore être annoncé.
En parallèle, le financement du projet progresse : plusieurs agences de crédit à l’exportation auraient manifesté leur intérêt pour un financement par emprunt de plus de 1 milliard de dollars américains. La décision finale d’investissement n’a toutefois pas encore été prise et doit intervenir dans le courant de l’année. Ce n’est qu’ensuite que la construction pourra commencer afin de respecter l’échéance de 2029.
Pourquoi l’extraction directe du lithium (DLE) intéresse la chaîne d’approvisionnement
Le lithium doit être extrait de la saumure par extraction directe du lithium (DLE), puis transformé en carbonate de lithium de qualité batterie. La DLE sépare directement le lithium de la saumure au lieu de recourir à de vastes bassins d’évaporation. LGES met en avant des avantages environnementaux, mais l’entreprise ne fournit aucun chiffre précis sur les économies réalisées.
Pour l’industrie des batteries, la DLE présente surtout un intérêt : si le procédé peut être déployé de manière stable à grande échelle, les projets pourraient potentiellement monter en puissance plus rapidement tout en occupant moins de terrain. Il faudra toutefois attendre l’exploitation commerciale pour savoir si cela fonctionne ici et avec quelle efficacité.
Du lithium américain pour des batteries américaines : la logique stratégique
Pour LGES, cet accord constitue une étape claire vers la localisation de la chaîne d’approvisionnement nord-américaine. Le lithium provenant de l’Arkansas doit également satisfaire aux exigences selon lesquelles les matières premières ne peuvent pas provenir d’une « Prohibited Foreign Entity », une catégorie réglementaire américaine désignant certaines entités étrangères exclues des dispositifs d’aide. Aux États-Unis, ces critères sont déterminants pour l’éligibilité aux subventions et les perspectives commerciales, notamment lorsque les constructeurs automobiles et les fabricants de cellules planifient à long terme.
En parallèle, LGES développe sa production aux États-Unis, non seulement pour les voitures électriques, mais aussi de plus en plus pour le marché en forte croissance du stockage stationnaire d’énergie. D’ici fin 2026, trois sites détenus en propre et deux sites partenaires en Amérique du Nord doivent totaliser plus de 50 GWh de capacité de production de cellules LFP destinées au stockage stationnaire.
Et quel est le rapport avec Tesla ?
La production a déjà démarré dans l’usine LGES de Lansing, dans le Michigan. Le site fabrique des cellules LFP pour le stockage stationnaire, notamment pour Tesla. À terme, Lansing doit également produire des cellules NMC destinées aux voitures électriques d’un autre constructeur.
Pour Tesla, la démarche de LGES est surtout pertinente de manière indirecte : un approvisionnement local mieux sécurisé en matières premières et davantage de capacités de production de cellules aux États-Unis devraient rendre les chaînes d’approvisionnement des produits de stockage plus robustes. Le lithium reste néanmoins un marché mondial. Un contrat isolé ne supprime donc pas la volatilité du système, mais il la réduit nettement pour l’acheteur.
Les principaux chiffres en un coup d’œil
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Début des livraisons | à partir de 2029 (prévision) |
| Volume livré à LGES | 8 000 tonnes de carbonate de lithium par an |
| Durée | 10 ans |
| Volume total | 80 000 tonnes de carbonate de lithium |
| Capacité du projet (phase 1) | 22 500 tonnes par an |
| Type de contrat | Enlèvement ferme (« take-or-pay ») |



