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Tesla FSD à Bruxelles : les limitations de vitesse à l’épreuve de l’UE

Un essai en conditions réelles à Bruxelles soulève des questions sur la capacité de Tesla FSD (Supervised) à reconnaître les faibles limitations de vitesse. Ces résultats interviennent alors qu’un débat européen est en cours sur l’homologation de ce système de niveau 2.

Constantin Hoffmann

Cofondateur, animateur du podcast et rédacteur thématique

Tesla FSD dépasse souvent les 30 km/h à Bruxelles

Une initiative bruxelloise en faveur des piétons et des cyclistes a testé Tesla FSD (Supervised) sur environ 400 km en circulation urbaine. Le système aurait dépassé la vitesse autorisée sur 55 % des tronçons étudiés limités à 30 km/h.

Selon l’étude, la vitesse moyenne mesurée dans ces secteurs était de 44 km/h. Dans les zones de rencontre à circulation apaisée, limitées à 20 km/h, le système aurait également roulé trop vite sur 42 % des tronçons testés.

Zone testéeObservation
Zones limitées à 30 km/hDépassement sur 55 % des tronçons étudiés
Moyenne dans les secteurs concernés limités à 30 km/h44 km/h
Zones de rencontre limitées à 20 km/hDépassement sur 42 % des tronçons étudiés
Étendue du testEnviron 400 km sur trois jours en juillet 2026

La limitation de vitesse aurait parfois été mal détectée

Selon le test, le problème central ne concernait pas uniquement la régulation de la vitesse. Dans de nombreuses zones limitées à 30 km/h, l’écran du véhicule affichait à la place une limitation à 50 km/h. Si le système identifie déjà incorrectement la règle en vigueur, il ne peut pas ensuite choisir une vitesse fiable.

Les systèmes d’aide à la conduite modernes combinent normalement les panneaux détectés avec les données cartographiques et d’autres informations sur l’environnement. En ville, les changements de signalisation, les limitations par zone et les règles locales divergentes peuvent compliquer cette interprétation. Un système robuste doit néanmoins gérer ces conflits avec prudence et, en cas de doute, choisir la vitesse la plus basse.

FSD aurait en outre tenté à plusieurs reprises de dépasser des cyclistes dans des rues cyclables belges. Dans ces rues, les voitures ne sont en principe pas autorisées à dépasser les cyclistes. Le système s’est en revanche distingué positivement en accordant souvent la priorité suffisamment tôt aux piétons et aux cyclistes.

L’étude présente des limites

Les résultats proviennent d’un groupe de défense d’intérêts et non d’une autorité d’homologation ou d’une étude scientifique à long terme. Le test s’est délibérément concentré sur des routes soumises à de faibles limitations de vitesse et ne permet donc pas de tirer une conclusion générale sur le niveau global de sécurité de FSD.

Ces observations restent néanmoins pertinentes, car les zones limitées à 30 km/h constituent une grande partie du réseau routier bruxellois depuis 2021. Même un faible écart de vitesse modifie sensiblement la distance d’arrêt et le risque de blessure. Rouler à 44 km/h au lieu de 30 km/h n’est donc pas une différence anodine dans une circulation urbaine dense.

FSD peut gérer des situations de circulation complexes, mais doit reconnaître de manière fiable les règles simples et essentielles à la sécurité, comme les limitations de vitesse locales.

FSD reste un système d’aide à la conduite de niveau 2

La version européenne porte délibérément le nom de FSD (Supervised). Il ne s’agit pas d’un système de conduite autonome, mais d’un système d’aide à la conduite de niveau 2. La personne au volant doit surveiller la circulation en permanence et pouvoir intervenir à tout moment.

La responsabilité juridique reste donc celle du conducteur. Limitation de vitesse mal détectée → le conducteur doit immédiatement corriger la vitesse. Cette obligation de surveillance ne dispense toutefois ni le constructeur ni les autorités d’examiner précisément les erreurs systématiques avant un déploiement à grande échelle.

Tesla affirme, sur la base de ses propres données, que FSD ne roule pas excessivement vite et s’adapte souvent au flux de la circulation. Cela peut permettre une conduite plus fluide sur de nombreuses routes, mais ne remplace pas le respect du Code de la route lorsque les limitations sont clairement indiquées. Nous analysons d’autres déclarations techniques concernant le système et son matériel dans notre article consacré à Tesla FSD v15 et HW4.

Le vote de l’UE place les limitations de vitesse au centre de l’attention

L’autorité néerlandaise d’homologation RDW avait accordé à FSD (Supervised), en avril 2026, une autorisation provisoire au titre du règlement ONU no 171. Plusieurs États européens, dont la Belgique, le Danemark, l’Estonie, la Lituanie, la Slovénie et la Tchéquie, l’ont ensuite reconnue au niveau national.

Le 6 octobre 2026, le Comité technique pour les véhicules à moteur doit voter sur une reconnaissance plus large au sein de l’Union européenne. Une majorité qualifiée d’au moins 15 États membres représentant ensemble au moins 65 % de la population de l’UE est requise.

La Suède et la France avaient auparavant exprimé des inquiétudes concernant de possibles excès de vitesse et la surveillance du conducteur. La Finlande ainsi que la Norvège, qui ne fait pas partie de l’UE, ont également émis des réserves. Le test bruxellois fournit désormais des arguments supplémentaires à ces pays, mais ne constitue pas à lui seul une évaluation définitive de la sécurité.

Ce que Tesla pourrait améliorer avant un déploiement à grande échelle

Sur le plan technique, le problème semble pouvoir être résolu. Tesla pourrait confronter plus rigoureusement les panneaux détectés, les données cartographiques et le statut géographique d’une zone à vitesse limitée. En cas d’informations contradictoires, une limitation prudente serait plus judicieuse qu’un alignement sur la vitesse des autres usagers.

Pour Tesla, l’évaluation européenne constitue également une occasion. Si le système parvient à s’adapter de manière fiable aux règles de circulation locales très détaillées, FSD pourrait mieux exploiter ses atouts dans la circulation urbaine complexe. D’ici là, le contrôle actif du conducteur reste indispensable.

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