Skoda Peaq à 9,2 kWh aux 100 km : ce qui se cache derrière les 936 km
Skoda lance cette année deux nouveaux véhicules électriques : le petit Epiq et le Peaq, le plus grand modèle électrique jamais proposé par la marque. Au-delà de ce record de gabarit, c’est surtout un chiffre qui devrait retenir l’attention des amateurs de voitures électriques sensibles à l’efficacité : lors d’un essai extrême réalisé en interne, le Peaq aurait consommé seulement 9,2 kWh aux 100 km.
Cette consommation a permis d’obtenir une autonomie de 936 km avec une seule charge. C’est nettement plus que l’autonomie annoncée de plus de 600 km selon le cycle WLTP, le protocole d’essai harmonisé utilisé en Europe, pour le Peaq 90 doté de la grande batterie. Cela peut sembler magique, mais c’est avant tout une question de physique et de très grande discipline.
Pourquoi ce record n’a rien à voir avec votre quotidien
Le trajet avait été conçu comme un défi d’efficacité et s’est déroulé dans des conditions presque impossibles à reproduire dans la vie réelle. Pendant plus de 20 heures, la vitesse moyenne n’a été que de 40 km/h. C’est un point déterminant, car la résistance de l’air augmente fortement avec la vitesse, tout comme les besoins en énergie.
La conduite a également été extrêmement régulière, avec peu de freinages appuyés et peu de fortes accélérations. Cela fait une grande différence, surtout dans un véhicule imposant et lourd, car chaque variation de vitesse inutile consomme de l’énergie.
Une récupération d’énergie bien utilisée, mais pas au maximum
Autre détail intéressant : la récupération d’énergie n’a pas simplement été réglée sur la décélération maximale. Dans un tel scénario, une récupération trop forte peut même être contre-productive, car elle ralentit inutilement le véhicule, qui doit ensuite consommer de nouveau de l’énergie pour reprendre de la vitesse. La meilleure stratégie consiste souvent à anticiper et à laisser la voiture avancer sur son élan, puis à ne récupérer l’énergie que progressivement lorsque cela est réellement pertinent. Un flux régulier → moins de pertes de conversion.
Équipements de confort désactivés et météo idéale
Pour réduire autant la consommation, les équipements de confort énergivores ont apparemment été largement laissés de côté, notamment l’infodivertissement et probablement aussi une utilisation intensive de la climatisation. Les conditions étaient en outre favorables, avec des températures extérieures adaptées et des routes sèches. Une telle valeur serait pratiquement impossible à atteindre en hiver avec le chauffage ou au cœur de l’été avec une forte climatisation.
Ce que vous pouvez malgré tout retenir de cet essai
Même s’il s’agit d’une valeur extrême, cet essai montre que l’efficacité ne dépend pas uniquement de la plateforme la plus récente. Même si le Peaq ne devait pas reposer sur la toute dernière base technique, un grand véhicule électrique peut rester très sobre lorsque la vitesse, la topographie et le style de conduite s’y prêtent.
Au quotidien, cela ne signifie pas que vous pourrez soudain parcourir 900 km. Vous pouvez toutefois réduire sensiblement votre consommation en limitant les trajets sur autoroute, en adoptant une conduite régulière et en utilisant intelligemment la climatisation. Si ce sujet vous préoccupe de manière générale, notre guide consacré à l’angoisse de l’autonomie en voiture électrique vous aidera également à mieux comprendre les principaux facteurs rencontrés en conditions réelles.
Calcul des coûts : rouler à bas prix est possible, mais sous certaines hypothèses
Un coût particulièrement bas a également été avancé pour ce cas extrême : 2,76 euros aux 100 km avec une recharge sur le réseau électrique domestique. Il ne s’agit pas d’une vérité universelle, car ce montant dépend directement du tarif de l’électricité, des pertes de recharge et de la consommation réelle. Les personnes qui souhaitent connaître les véritables leviers d’économie trouveront des conseils concrets dans notre article sur les pertes de recharge des voitures électriques.
Mise en perspective : WLTP, tentative de record et juste milieu réaliste
Le WLTP est une mesure comparative standardisée, tandis que les tentatives de record représentent l’autre extrême. Entre les deux se trouve votre quotidien, avec la météo, la circulation, l’autoroute et les équipements de confort. L’essai du Peaq constitue donc avant tout une démonstration : le potentiel d’efficacité est bien réel, et une conduite réfléchie permet d’influencer davantage l’autonomie et les coûts que beaucoup ne le pensent.
Si vous vous intéressez plus généralement aux voitures électriques efficientes et aux meilleures autonomies, notre classement des autonomies 2026 présente les modèles les mieux placés dans la comparaison officielle WLTP.



