Wayve doit guider les Mercedes dans la circulation urbaine
Mercedes-Benz élargit sa stratégie de conduite automatisée en faisant appel à un nouveau partenaire technologique. Les véhicules de la marque doivent à l’avenir utiliser l’AI Driver de Wayve, capable de prendre en charge des trajets urbains complexes de point à point.
Selon le calendrier actuel, un premier système basé sur Wayve devrait être proposé dans des modèles Mercedes d’ici deux ans. Les gammes et les marchés qui en bénéficieront en premier ne sont pas encore connus. En Allemagne, en Autriche et en Suisse, l’étendue du déploiement et son calendrier dépendront également de l’homologation et de la réglementation.
Mercedes ne mise pas tout sur un seul fournisseur de logiciels, mais développe en parallèle plusieurs approches pour différents niveaux d’automatisation.
Ce qui distingue techniquement l’approche de Wayve
Wayve suit une approche dite de bout en bout. Un modèle d’IA traite les données des capteurs du véhicule et en déduit directement les décisions de conduite, au lieu de gérer chaque situation routière uniquement au moyen d’une longue chaîne de modules programmés séparément.
Le système doit également pouvoir fonctionner sans cartes HD de très haute précision. Cela ne signifie pas qu’il n’utilise aucune donnée de navigation ou de cartographie. La fonction de conduite doit plutôt être moins dépendante de routes préalablement cartographiées dans les moindres détails, ce qui faciliterait son déploiement dans de nouvelles villes et régions.
Au quotidien, cette approche pourrait notamment présenter des avantages face à des chantiers changeants, des carrefours inhabituels ou des routes mal délimitées. L’IA devra toutefois prouver qu’elle détecte aussi de manière fiable les situations rares et difficiles à prévoir.
Mercedes poursuit sa collaboration avec Nvidia
La coopération avec Wayve soulève la question de son articulation avec le partenariat existant entre Mercedes et Nvidia. Mercedes a déjà présenté MB.Drive Assist Pro, un système lui aussi conçu pour effectuer sous supervision des trajets jusqu’à la destination saisie.
La Mercedes CLA électrique devrait être l’un des premiers véhicules à bénéficier de cette technologie. La gamme est déjà commercialisée, mais la fonction complète de conduite de point à point n’a pas encore été déployée auprès des clients.
| Système | Fonction | Niveau d’automatisation |
|---|---|---|
| Wayve AI Driver | Trajets urbains de point à point | Probablement sous supervision permanente |
| MB.Drive Assist Pro avec Nvidia | Navigation jusqu’à destination avec des manœuvres complexes dans la circulation | Système d’assistance supervisé |
| Drive Pilot | Conduite sur des routes homologuées dans des conditions clairement définies | Niveau 3 dans le domaine d’utilisation autorisé |
Mercedes pourrait utiliser les deux plateformes d’IA pour différents modèles, différentes régions ou différents stades de développement. Wayve pourrait également fournir certaines capacités, tandis que Nvidia continuerait de proposer la plateforme de calcul et d’autres composants logiciels. Mercedes n’a jusqu’à présent précisé aucune répartition concrète des tâches.
Comparable à Tesla FSD, mais sans être autonome
Le profil d’utilisation annoncé rappelle Tesla Full Self-Driving (Supervised). Selon le marché et les autorisations en vigueur, le système de Tesla peut suivre un itinéraire de navigation, tourner, changer de voie et réagir aux feux de signalisation ou aux autres usagers de la route. Il reste néanmoins un système d’assistance supervisé, dans lequel le conducteur demeure responsable à tout moment.
Cette distinction devrait également être déterminante pour le futur système de Mercedes. Une fonction de point à point ne constitue pas automatiquement une conduite autonome de niveau 4. Mercedes devrait explicitement autoriser un niveau d’automatisation supérieur et satisfaire pour cela aux exigences réglementaires et techniques.
Tesla dispose d’une avance considérable en matière de logiciels automobiles fondés sur les données et de données réelles issues d’une vaste flotte. Mercedes apporte de son côté son expérience des systèmes de sécurité certifiés et a été l’un des premiers constructeurs actifs au niveau 3 avec Drive Pilot. Il faudra attendre un lancement commercial pour pouvoir déterminer de manière fiable quelle architecture fonctionne le mieux au quotidien.
Drive Pilot reste un système distinct
Drive Pilot poursuit un objectif différent de celui du futur assistant Wayve. Dans certaines situations définies, ce système de niveau 3 peut temporairement prendre en charge la conduite et la responsabilité. Son domaine d’utilisation est donc nettement plus restreint que celui d’un assistant supervisé de niveau 2.
Mercedes avait récemment accordé une priorité moindre à l’expansion internationale de Drive Pilot, préférant se concentrer sur des systèmes d’assistance flexibles couvrant des itinéraires complets. Le nouveau partenariat s’inscrit dans cette stratégie, mais ne remplace pas automatiquement Drive Pilot.
Wayve devient un partenaire important de l’industrie automobile
Mercedes détient déjà une participation dans Wayve et collabore depuis plusieurs années sur le plan technique avec cette entreprise britannique spécialisée dans l’IA. L’intégration annoncée va donc au-delà d’un accord de fourniture à court terme.
Stellantis et Nissan ont également conclu des partenariats avec Wayve. Pour Mercedes, cela accentue la pression afin de transformer rapidement cette technologie en un produit prêt pour la production en série. L’enjeu sera de déterminer si cette IA flexible peut devenir un système d’assistance prévisible, aussi performant dans les centres-villes européens que dans des conditions d’essai idéales.
En parallèle, la plateforme de Tesla continue elle aussi d’évoluer. Les avancées annoncées autour de Tesla FSD v15 et HW4 montrent à quelle vitesse progresse la concurrence dans le domaine des fonctions de conduite basées sur l’IA.



