131 nouvelles bornes rapides sur les aires d’autoroute, avec le NACS au premier plan
Le réseau de recharge rapide continue de se densifier le long des autoroutes sud-coréennes. Le fournisseur d’infrastructures de recharge Chaevi a été sélectionné comme soumissionnaire privilégié pour un programme de déploiement et doit installer au total 131 nouvelles bornes de recharge sur 29 aires d’autoroute.
Le projet prévoit principalement 118 bornes HPC de 200 kW, complétées par 13 bornes multistandards. Concrètement, cela signifie davantage de points de recharge là où se concentre réellement le trafic longue distance, et un risque moindre de devoir faire la queue lors des journées de grands départs.
Pourquoi les conducteurs de Tesla sont particulièrement concernés
Le point le plus intéressant concerne le choix des connecteurs. Chaevi prévoit d’équiper une grande partie des nouvelles bornes du standard NACS, souvent appelé connecteur Tesla. Plus précisément, 82 des nouvelles bornes devraient proposer un connecteur NACS, permettant ainsi aux conducteurs de Tesla en Corée du Sud de recharger sans adaptateur CCS1.
En incluant les programmes de déploiement de 2025 et 2026, Chaevi indique vouloir atteindre 167 bornes NACS sur les aires d’autoroute. Cela représenterait environ 62 % des bornes installées dans le cadre de ces projets.
Détails techniques : 200 kW et jusqu’à 250 A
Les bornes NACS de 200 kW doivent fournir une intensité pouvant atteindre 250 A. Selon le véhicule et la tension de sa batterie, cela peut permettre de mieux exploiter la puissance de recharge DC acceptée par la voiture. Au bout du compte, la puissance maximale n’est pas le seul critère : sa stabilité pendant toute la recharge et la disponibilité des bornes comptent également. C’est précisément sur ces points que les stations autoroutières disposent d’un avantage.
Plug&Charge : brancher, recharger, payer
Le service Plug&Charge doit également être proposé. L’authentification et la facturation s’effectuent alors automatiquement dès que le câble est branché. Plus besoin de jongler entre les cartes ou les applications, ni de lancer séparément la recharge sur l’écran de la borne. Pour les conducteurs réguliers, il s’agit d’un véritable gain de confort, surtout lorsque chaque minute compte.
Une forte fréquentation mise en avant, mais sans chiffres précis
Chaevi souligne la forte utilisation des sites déjà installés : en juillet, les 109 points de recharge issus du programme de déploiement de 2025 auraient enregistré en moyenne environ 2,5 fois plus de sessions quotidiennes par point que les bornes « conventionnelles ». L’entreprise ne fournit toutefois ni chiffres absolus de fréquentation ni description précise du groupe de comparaison retenu. Cette affirmation montre surtout une chose : les sites autoroutiers sont attractifs lorsque le matériel est fiable et que les installations sont correctement dimensionnées.
Chaevi poursuit son expansion, mais la recharge reste un marché difficile
Au total, Chaevi exploite, selon ses propres chiffres, environ 6 000 points de recharge rapide en Corée du Sud. En incluant les infrastructures gérées pour des tiers, l’entreprise atteint près de 10 000 points de recharge rapide. Chaevi est par ailleurs intégrée verticalement, de la conception et de la fabrication du matériel jusqu’à son installation et son exploitation.
Ce déploiement intervient à un moment où de nombreux opérateurs de recharge doivent encore faire leurs preuves. L’entreprise a récemment été introduite au KOSDAQ, la place boursière sud-coréenne spécialisée dans les valeurs technologiques, et a levé à cette occasion environ 64 millions d’euros. Le marché reste toutefois sceptique quant à la croissance et à la rentabilité du secteur de la recharge. Chaevi vise un EBITDA positif au quatrième trimestre 2026 et un bénéfice d’exploitation en 2027. L’ouverture de nouveaux sites autoroutiers pourrait l’aider à atteindre ces objectifs, car une forte fréquentation et de bons emplacements améliorent généralement la rentabilité.
Perspective pour la région DACH : le NACS sur autoroute envoie un signal
En Allemagne, en Autriche et en Suisse, la région dite DACH, le NACS sur autoroute relève pour l’instant plutôt d’une perspective d’avenir, car le CCS y domine. Cette décision reste néanmoins intéressante : elle montre que les opérateurs ne considèrent pas le NACS comme un sujet exclusivement américain, mais comme une solution pratique pour les conducteurs de Tesla sur certains marchés.



