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Tesla FSD en Europe : vote de l’UE en décembre

L’UE devrait voter en décembre 2026 sur la reconnaissance à l’échelle européenne de Tesla FSD (Supervised). L’Allemagne se montre ouverte à la technologie, mais examine avec une attention particulière les excès de vitesse, la circulation urbaine et la responsabilité du conducteur.

Nico Pliquett

Fondateur, animateur de podcast et YouTubeur

La décision de l’UE sur Tesla FSD approche

Une décision importante concernant Tesla FSD (Supervised) se profile en Europe. Selon le ministère fédéral allemand des Transports, le vote sur une reconnaissance à l’échelle de l’UE est actuellement prévu pour décembre 2026. La date initialement attendue du 6 octobre a donc été reportée.

Le 6 octobre, le Comité technique pour les véhicules à moteur, ou TCMV, doit d’abord examiner de nouveau le système. Un vote favorable constituerait une étape réglementaire majeure, mais ne signifierait pas automatiquement que FSD pourrait être activé immédiatement sur toutes les Tesla européennes.

L’Allemagne ne rejette pas Tesla FSD par principe, mais exige des réponses solides concernant la vitesse, la circulation urbaine et la surveillance du conducteur avant de donner son accord.

L’Allemagne mène son évaluation avec les Pays-Bas

La position allemande ne semble pas encore définitivement arrêtée. Le Kraftfahrt-Bundesamt, l’autorité fédérale allemande chargée de l’homologation automobile, échange avec l’autorité néerlandaise RDW et Tesla afin d’évaluer les données techniques ainsi que les enseignements tirés de la circulation réelle.

Les Pays-Bas jouent un rôle important dans la procédure, car leur autorité accompagne le processus d’homologation européenne de Tesla. L’Allemagne qualifie son approche d’ouverte aux technologies et axée sur la sécurité. Dans le même temps, les autorités reconnaissent que FSD (Supervised) peut aussi gérer des situations de circulation urbaine complexes.

PointSituation actuelle
Vote de l’UEPrévu pour décembre 2026
Examen par le TCMVNouvelles discussions le 6 octobre
Position allemandeEncore indécise, examen par le Kraftfahrt-Bundesamt
Niveau d’automatisationNiveau 2 de la SAE avec surveillance permanente par le conducteur
Principaux points examinésLimitations de vitesse, circulation urbaine dense et supervision du conducteur

Les limitations de vitesse restent le principal point de désaccord

Plusieurs autorités portent un regard particulièrement critique sur la manière dont Tesla adapte la vitesse. Le système est soupçonné de pouvoir, dans certaines conditions, choisir une vitesse jusqu’à 50 % supérieure à la limitation indiquée. Il s’agit d’une préoccupation réglementaire, et non de la preuve que FSD roule systématiquement ou durablement à une telle vitesse.

La Suède et la France ont également exprimé des préoccupations similaires. Pour obtenir une autorisation à l’échelle européenne, Tesla devra donc probablement démontrer que FSD reconnaît et respecte de manière fiable les limitations de vitesse obligatoires. Du point de vue des autorités, la possibilité de configurer la vitesse ne doit pas conduire le véhicule à rouler trop vite de sa propre initiative.

Le deuxième point central concerne l’utilisation sur des voies urbaines très fréquentées. Le système doit alors gérer les cyclistes, les piétons, les chantiers, les voies étroites et des configurations routières qui varient selon les régions. Cette diversité rend précisément l’évaluation européenne plus exigeante qu’une autorisation limitée à certaines catégories de routes clairement définies.

FSD reste un système de niveau 2

Indépendamment de son nom, FSD (Supervised) reste un système d’aide à la conduite de niveau 2 selon la classification SAE. La personne au volant doit surveiller en permanence le véhicule et la circulation, et pouvoir intervenir à tout moment. Il ne s’agit donc pas de conduite autonome, dans laquelle le conducteur transfère entièrement la responsabilité au véhicule.

Les autorités soulignent par conséquent que le conducteur demeure responsable de la conduite. Il serait toutefois juridiquement trop simpliste d’affirmer qu’en cas de défaillance technique, la responsabilité incombe toujours exclusivement au conducteur. La responsabilité au regard du Code de la route, celle du propriétaire du véhicule et les éventuels défauts du produit devront continuer à être évalués séparément.

Sur le plan technique, l’autorisation européenne devrait être étroitement liée à la poursuite du développement des logiciels de Tesla. Les déclarations de Tesla sur FSD v15 et HW4 donnent un aperçu des évolutions annoncées.

Les autorisations nationales ne valent pas autorisation européenne

Plusieurs pays ont déjà mis en place des autorisations nationales ou des possibilités d’expérimentation. Sont notamment cités les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark, la Lituanie, l’Estonie, la Slovénie, la Tchéquie et la Croatie. Des discussions sont également en cours avec l’Irlande et l’Italie.

La portée, le nombre de véhicules et les conditions d’utilisation associés à ces décisions nationales peuvent varier considérablement. Elles ne sont donc pas automatiquement synonymes d’une autorisation sans restriction pour tous les clients de Tesla. La procédure européenne est déterminante pour permettre une utilisation uniforme et déployable à grande échelle au sein du marché intérieur.

Ce que cela signifie pour les conducteurs de Tesla dans l’espace DACH

Pour les propriétaires d’un Tesla Model Y ou d’une Tesla Model 3, l’échéance de décembre constitue un signal important, mais pas encore une date de lancement ferme. Même en cas de vote favorable, des preuves techniques supplémentaires, des mesures nationales de mise en œuvre ainsi que des restrictions liées à la version du matériel et du logiciel pourraient être nécessaires.

L’Allemagne joue un rôle clé dans cette procédure, car son marché est vaste et sa position réglementaire influente au sein de l’UE. Les échanges en cours avec Tesla et la RDW montrent également que la porte reste ouverte à FSD. Le facteur décisif sera la capacité de Tesla à résoudre les questions de sécurité encore en suspens de façon à ce que le système respecte durablement et de manière vérifiable les règles de circulation européennes.

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