Toyota prévoit de produire des EREV à partir d’avril 2027
Toyota préparerait une arrivée en force sur le marché chinois des véhicules électriques à prolongateur d’autonomie. Selon un rapport sectoriel qui n’a pas encore été officiellement confirmé, la production devrait débuter en avril 2027, à raison de quelques centaines de véhicules par mois dans un premier temps.
La montée en cadence qui suivrait se révèle extrêmement ambitieuse. Pour l’ensemble de l’année 2027, il serait ainsi question d’environ 200 000 véhicules, avant une hausse de la production à près de 400 000 unités dès 2028.
Avec 400 000 EREV par an, Toyota ferait en peu de temps du prolongateur d’autonomie l’un des piliers de ses activités en Chine.
Les objectifs de production exigent une montée en cadence extrêmement rapide
Les chiffres annoncés ne sont cohérents que si Toyota augmente très rapidement sa production après le lancement. Avec un démarrage en avril, il faudrait produire en moyenne plus de 22 000 unités par mois pour atteindre 200 000 véhicules d’ici la fin de l’année.
Cela laisse supposer plusieurs modèles, des lignes de production supplémentaires ou une montée en cadence particulièrement rapide. Les véhicules et les usines concernés ne sont pas encore connus. Toyota n’a pas non plus officiellement confirmé le calendrier.
L’ampleur du projet n’en reste pas moins remarquable. En 2025, Toyota a vendu environ 200 000 véhicules 100 % électriques et quelque 180 000 hybrides rechargeables dans le monde. Le volume d’EREV prévu en Chine pourrait dépasser le total cumulé de ces deux chiffres de vente.
Ce qui distingue un EREV d’un hybride classique
Dans un EREV classique, les moteurs électriques entraînent les roues. Un moteur thermique fait office de générateur et produit de l’électricité lorsque le niveau de charge de la batterie devient faible. Le conducteur peut recharger la batterie sur une prise ou faire le plein de carburant pour les longs trajets.
Ce concept associe ainsi la conduite électrique au quotidien à une grande flexibilité sur les longues distances. Batterie vide → le générateur prend en charge l’alimentation électrique sans qu’il soit immédiatement nécessaire de trouver une borne de recharge.
Tous les systèmes hybrides en série ne sont pas automatiquement des EREV. Le Nissan Qashqai e-Power utilise lui aussi un moteur à essence pour produire de l’électricité, mais sa batterie ne peut pas être rechargée sur une source externe. Sur les modèles EREV chinois, la prise de recharge fait généralement partie du concept.
Le marché chinois des EREV perd actuellement de son dynamisme
Toyota ne s’engage pas sur un marché en croissance continue. En Chine, les nouvelles immatriculations d’EREV ont reculé au cours des huit premiers mois de 2026 par rapport à la même période de l’année précédente, tandis que les véhicules 100 % électriques sont restés à un niveau élevé.
| Indicateur | Valeur | Contexte |
|---|---|---|
| Ventes d’EREV de janvier à août 2026 | 616 000 véhicules | 15,85 % de moins que l’année précédente |
| Ventes d’EREV en août 2026 | 81 000 véhicules | 8,06 % du marché des véhicules à énergie nouvelle |
| Ventes de véhicules 100 % électriques en août 2026 | 698 000 véhicules | 0,8 % de plus que l’année précédente |
| Part des véhicules à énergie nouvelle sur l’ensemble du marché | 65,2 % | Nouveau record en août |
Ce recul ne signifie pas que les EREV perdent toute importance en Chine. Le segment reste vaste, mais il est de plus en plus disputé par de nouvelles marques et de nouveaux modèles. Toyota devra donc rivaliser non seulement avec les fournisseurs établis de véhicules à prolongateur d’autonomie, mais aussi avec des voitures 100 % électriques particulièrement abordables.
Toyota veut éviter la guerre des prix directe sur le marché des véhicules 100 % électriques
Le marché chinois des voitures 100 % électriques se caractérise par des cycles de renouvellement courts et des prix agressifs. Avec les EREV, Toyota peut tirer parti de son expérience dans les motorisations hybrides tout en s’adressant aux clients qui souhaitent rouler à l’électrique sans dépendre entièrement des infrastructures de recharge sur les longs trajets.
Ce domaine n’est toutefois plus un marché protégé. Nissan propose désormais lui aussi un modèle à prolongateur d’autonomie en Chine. Xiaomi a élargi sa gamme, auparavant exclusivement électrique, avec le SkyNomad sous forme de SUV EREV.
En parallèle, Toyota devrait continuer à développer ses véhicules 100 % électriques. Parmi eux figure notamment la prochaine génération prévue de la Toyota Corolla EV. La stratégie chinoise s’oriente ainsi vers une large combinaison de motorisations plutôt que vers une technologie unique.
Pour l’Europe, cette initiative reste pour l’instant sans conséquence directe
À ce jour, le projet concerne exclusivement la Chine. Aucun lancement des futurs EREV de Toyota n’a été annoncé en Allemagne, en Autriche ou en Suisse.
En Europe, outre le prix et la technologie, les émissions homologuées seraient déterminantes. Sur le plan réglementaire, les EREV sont généralement classés parmi les hybrides rechargeables. Leur autonomie électrique réelle, leur consommation lorsque la batterie est vide et leur future fiscalité joueraient donc un rôle important.
Toyota pourrait néanmoins acquérir en Chine une expérience précieuse dans les grandes batteries, les motorisations électriques et la gestion intelligente de l’énergie. Reste à savoir si des modèles européens en découleront par la suite. Une chose est sûre : Toyota ne semble pas répondre au marché chinois avec un unique modèle de niche, mais avec un programme de production potentiellement très important.



