Le commerce transfrontalier absorbe les pics d’offre
En Europe, plus d’une voiture neuve sur cinq est désormais entièrement électrique. Le marché de l’occasion évolue toutefois de manière très différente selon les régions, si bien que de nombreux véhicules trouvent un nouveau propriétaire en dehors de leur pays d’immatriculation initial.
Cette situation profite aux plateformes d’enchères B2B actives dans toute l’Europe. Elles reprennent d’importants stocks de véhicules auprès de sociétés de leasing, de gestionnaires de flottes et de concessionnaires automobiles, puis les redistribuent là où la demande existe.
L’exportation devient un mécanisme d’équilibrage : les excédents locaux rencontrent des marchés où la demande augmente ailleurs en Europe.
Le volume des échanges progresse de plus de 200 %
Selon Auto1, le volume européen des échanges de voitures électriques d’occasion a augmenté de plus de 200 % au deuxième trimestre par rapport à la même période de l’année précédente. En Allemagne, la hausse a même atteint 225 %.
| Indicateur | Valeur | Contexte |
|---|---|---|
| Volume européen des échanges B2B | plus de 200 % de croissance | Deuxième trimestre par rapport au même trimestre de l’année précédente |
| Volume des échanges B2B en Allemagne | 225 % de croissance | Nettement supérieur à l’évolution générale du marché |
| Transferts de propriété en Allemagne | 72 % de croissance | Premier semestre par rapport à la même période de l’année précédente |
| Part des exportations chez Auto1 | 75 % | Trois voitures électriques échangées sur quatre partent à l’étranger |
Ces chiffres ne sont pas tous directement comparables. Le volume des échanges B2B d’une plateforme et les transferts de propriété officiels couvrent des segments différents du marché. Cet écart montre néanmoins à quel point le commerce professionnel des voitures électriques d’occasion s’internationalise.
Les retours de leasing arrivent par lots importants
Une grande partie des voitures électriques actuellement proposées provient de flottes professionnelles. Lorsque de nombreux contrats de leasing identiques arrivent simultanément à échéance, des centaines de véhicules du même modèle peuvent être mis sur le marché en peu de temps.
Un marché régional de l’occasion ne peut pas toujours absorber de tels pics. Des plateformes comme Auto1, BCA ou Autobid commercialisent donc ces stocks dans toute l’Europe. De nombreux véhicules à la fois → la vente transfrontalière stabilise les prix et réduit la durée d’immobilisation.
La GWM Ora 3 illustre l’influence que certaines flottes peuvent exercer sur les échanges. Au deuxième trimestre, elle a été la voiture électrique la plus échangée par Auto1 en Allemagne, alors qu’à peine 5 800 exemplaires de ce modèle étaient immatriculés dans le pays au début de l’année.
L’Allemagne ne joue qu’un rôle secondaire parmi les pays de destination
L’Allemagne n’occupait que la septième place parmi les pays acheteurs de voitures électriques d’occasion. Un nombre particulièrement élevé de véhicules ont été vendus en France, en Espagne et aux Pays-Bas. La Roumanie, le Portugal, la Hongrie et la Pologne gagnent également en importance comme débouchés.
Cela témoigne d’un rattrapage de la demande en Europe du Sud-Est et en Europe de l’Est. Dans le même temps, de nombreux acheteurs allemands restent réticents à acquérir une voiture électrique d’occasion, notamment en raison du coût potentiel de la batterie, de l’incertitude entourant la valeur résiduelle et de l’autonomie réelle.
Ces préoccupations doivent toutefois être évaluées en fonction du véhicule concerné. Un bilan à long terme de la batterie de la VW ID.3 montre par exemple qu’un kilométrage élevé ne signifie pas automatiquement que la batterie est usée. La fréquente angoisse de l’autonomie en voiture électrique peut également être mieux relativisée à l’aide de profils de conduite réalistes.
Les retours de véhicules de particuliers devraient diversifier le marché
Jusqu’à présent, les particuliers conservent souvent leur voiture électrique plus longtemps que les utilisateurs professionnels. Auto1 ne prévoit donc une hausse plus marquée des retours de véhicules de particuliers que vers 2030. Cette estimation constitue une prévision de marché et non une échéance certaine.
Une offre plus large pourrait modifier la diversité des modèles et la formation des prix. Actuellement, les stocks issus des flottes déterminent souvent quels véhicules sont disponibles à bas prix à court terme. À l’avenir, davantage d’années-modèles, de niveaux d’équipement et de kilométrages différents devraient venir s’y ajouter.
Ce que l’exportation signifie pour les acheteurs de la zone DACH
Le commerce à l’échelle européenne empêche que d’importants stocks restent durablement concentrés sur certains marchés nationaux. Cela peut stabiliser les valeurs résiduelles, mais aussi entraîner l’exportation rapide des véhicules particulièrement bon marché. Aucun chiffre distinct n’est fourni pour l’Autriche et la Suisse dans les données commerciales citées ; l’Allemagne ne doit donc pas être considérée comme représentative de l’ensemble de la zone DACH, qui regroupe l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse.
Lors de l’achat d’une voiture électrique d’occasion, trois aspects deviennent particulièrement importants :
- un état de la batterie clairement documenté, accompagné d’un rapport de santé pertinent
- la puissance de recharge disponible ainsi que la version actuelle du logiciel
- la garantie restante, l’historique d’entretien et la disponibilité régionale des pièces détachées
La forte croissance des exportations n’est donc pas le signe d’un manque de demande pour les voitures électriques d’occasion. Elle montre plutôt que l’offre et la demande restent inégalement réparties en Europe et que les professionnels comblent de plus en plus ce déséquilibre par le commerce transfrontalier.



