Le Tesla Semi devient le premier choix pour une importante commande de camions électriques
Le Tesla Semi bénéficie d’un sérieux coup d’accélérateur sur l’important marché américain des véhicules utilitaires. L’alliance logistique ZET SCALE prévoit d’acquérir dans un premier temps 2 500 poids lourds électriques et a désigné le tracteur routier de Tesla comme son choix privilégié.
Le nombre de véhicules de cette première tranche qui proviendront effectivement de Tesla reste à déterminer. Outre le Semi, des camions électriques de Kenworth, Ride et Volvo doivent également être utilisés. Cette sélection constitue néanmoins un signal important pour Tesla, car jusqu’à présent, malgré des clients pilotes de premier plan, le Semi est resté relativement rare sur les routes ouvertes au public.
Selon l’initiative, cette première commande pourrait à elle seule approximativement doubler le parc de poids lourds électriques aux États-Unis.
Une commande groupée pour réduire les coûts
ZET SCALE regroupe les besoins de transport de grandes entreprises, ce qui lui permet de lancer des appels d’offres portant sur des volumes nettement supérieurs à ceux d’un seul exploitant de flotte. Microsoft et PepsiCo comptent notamment parmi les entreprises qui font transporter leurs marchandises par l’intermédiaire de ce réseau.
Cette démarche commune doit permettre d’obtenir de meilleures conditions d’achat tout en augmentant le taux d’utilisation des véhicules. Tesla met surtout en avant des dépenses énergétiques plus prévisibles et des coûts d’exploitation au kilomètre potentiellement inférieurs à ceux d’un camion diesel.
Dans la pratique, la validité de ce calcul dépend fortement de l’itinéraire, de la charge utile, du prix de l’électricité et de la planification des recharges. Les camions électriques peuvent toutefois particulièrement bien exploiter leurs avantages sur des trajets réguliers entre des plateformes logistiques fixes.
Le leasing décharge les exploitants du risque lié à la valeur résiduelle
Les 2 500 premiers véhicules seront financés par ZET Financial. Ils doivent ensuite être confiés à des transporteurs et à des chargeurs dans le cadre d’une formule de leasing à des conditions conformes au marché.
Le point décisif réside dans la prise en charge du risque lié à la valeur résiduelle. Pour les nouveaux véhicules utilitaires électriques, il n’existe pas encore suffisamment de données à long terme sur leur valeur de revente, l’évolution de la batterie et les coûts d’entretien. Le leasing permet de transférer cette incertitude de l’exploitant vers l’organisme de financement → l’obstacle à l’adoption par les flottes diminue.
Les caractéristiques techniques du Tesla Semi
Selon les informations actuelles, Tesla propose le Semi en deux versions offrant des autonomies différentes. La consommation indiquée est une valeur moyenne fournie par le constructeur, susceptible de varier dans les conditions réelles du transport routier en fonction du chargement et du profil d’utilisation.
| Version | Autonomie | Consommation | Poids à vide |
|---|---|---|---|
| Standard Range | environ 523 km | environ 106 kWh/100 km | moins de 9,1 t |
| Long Range | jusqu’à environ 805 km | non indiquée | environ 10,4 t |
Le poids total roulant autorisé est annoncé à environ 37,2 t. Le Semi appartient ainsi à une catégorie de poids également pertinente pour le transport longue distance en Europe. Un déploiement à grande échelle en Allemagne, en Autriche et en Suisse nécessiterait néanmoins une homologation adaptée, une charge utile compétitive et un réseau performant de recharge pour poids lourds.
Dix régions logistiques pour commencer
Les véhicules doivent d’abord être déployés là où se conjuguent des volumes de fret élevés, des itinéraires faciles à planifier et une infrastructure de recharge adaptée. Dix régions sont prévues, parmi lesquelles Los Angeles, Stockton, Bakersfield, Seattle et Tacoma, Houston, Dallas, San Antonio, Chicago, Atlanta, ainsi que la vaste zone située entre Newark et New York.
Cette concentration est judicieuse, car un camion électrique ne suffit pas à lui seul à transformer une chaîne logistique. Ce n’est que lorsqu’un nombre suffisant de véhicules utilisent les mêmes plateformes de transbordement que des bornes de recharge haute puissance peuvent être exploitées de manière rentable et que les temps d’immobilisation peuvent être intégrés de façon ciblée à la planification des itinéraires.
Plus de 10 000 camions électriques prévus à terme
Cette première commande ne doit constituer qu’un point de départ. À long terme, l’alliance vise une flotte de plus de 10 000 camions électriques, sans toutefois avancer pour l’instant de calendrier contraignant.
Selon Tesla, la nouvelle usine de production du Semi au Nevada est conçue pour atteindre une capacité annuelle potentielle allant jusqu’à 50 000 véhicules. Cette commande majeure pourra désormais montrer à quelle vitesse cette capacité théorique peut se traduire par des livraisons fiables.
Pour le marché européen, cette commande ne signifie pas encore un lancement commercial imminent. Elle fournit toutefois à Tesla de précieuses données d’exploitation et renforce les fondements économiques du Semi. Si son déploiement dans les grands corridors de fret américains réussit, cela améliorera également les conditions d’une future expansion dans la région DACH, c’est-à-dire en Allemagne, en Autriche et en Suisse.



