Tesla FSD ne respecte pas systématiquement les limitations de vitesse lors du test belge
Le système de conduite supervisée FSD de Tesla a enfreint à plusieurs reprises les règles de circulation locales lors d’un essai en conditions réelles en Belgique. Son comportement dans les zones limitées à 30 km/h autour de Bruxelles s’est révélé particulièrement préoccupant : lorsque le système était activé, le véhicule testé y roulait en moyenne à 44 km/h.
Une organisation belge spécialisée dans la sécurité routière a parcouru environ 400 km au total pendant trois jours de test. Dans les zones limitées à 20 km/h, FSD n’aurait pas non plus systématiquement respecté la consigne.
Le test ne révèle pas un système foncièrement imprudent, mais une lacune importante dans l’application des règles de circulation locales.
Panneaux reconnus, mais vitesse toujours incorrecte
L’écart entre la perception et la décision de conduite est particulièrement préoccupant. Selon le rapport, le véhicule reconnaissait les panneaux limitant la vitesse à 30 km/h sur son écran, mais continuait ensuite souvent à afficher 50 km/h comme vitesse maximale autorisée.
Le problème semble donc moins résider dans la simple reconnaissance des panneaux que dans l’interprétation et le traitement des informations détectées. Panneau reconnu → mauvaise limitation de vitesse appliquée. Cette couche logicielle est déterminante, en particulier dans les villes européennes où les zones, les panneaux complémentaires et les règles locales varient fréquemment.
Le test a également documenté des tentatives de dépassement dans des rues cyclables, alors qu’il y était interdit de dépasser les cyclistes. De telles situations montrent combien il est difficile pour un système d’aide à la conduite développé à l’échelle internationale non seulement de reconnaître le marquage au sol et les usagers de la route, mais aussi d’appliquer correctement les réglementations nationales et régionales.
FSD a également montré de réelles qualités
Le rapport n’est pas exclusivement négatif. Face aux piétons et aux cyclistes, le système Tesla se serait montré généralement prudent et courtois. FSD leur aurait ainsi souvent accordé la priorité suffisamment tôt et aurait réagi de manière défensive en présence d’usagers vulnérables.
Cela correspond à l’approche de Tesla, qui consiste à améliorer continuellement son logiciel de conduite grâce à une perception étendue de l’environnement et à de grandes quantités de données. La prochaine génération annoncée, Tesla FSD v15 pour HW4, doit elle aussi étendre davantage ces capacités. Le test belge montre toutefois qu’une bonne compréhension des situations ne suffit pas si les règles obligatoires sont mal appliquées.
Dans quelle mesure ce test est-il représentatif ?
Environ 400 km parcourus sur des routes publiques fournissent des indications pertinentes, mais ne remplacent pas une évaluation technique complète dans toutes les conditions. On ignore notamment dans quelle mesure les itinéraires choisis étaient représentatifs et si la version du logiciel, les données cartographiques ou les réglages du véhicule ont influencé le résultat.
Néanmoins, une vitesse moyenne de 44 km/h dans des zones limitées à 30 km/h ne constitue pas un léger écart. Pour obtenir une homologation européenne, un système d’aide à la conduite doit tenir compte de manière fiable des limitations de vitesse et des interdictions de dépasser, qu’elles soient détectées grâce aux panneaux, aux données cartographiques ou à une combinaison des deux.
Les autorités européennes évaluent Tesla FSD différemment
La date de publication du rapport est importante pour Tesla, car un vote sur l’autorisation plus large de FSD dans l’Union européenne est prévu le 6 octobre. L’autorité néerlandaise chargée de l’homologation avait autorisé le système pour une utilisation normale sur route en avril, et la Belgique avait suivi peu après.
D’autres États européens ont exprimé des réserves. La Suède a évoqué de possibles excès de vitesse, tandis que la Finlande a mis en avant ses routes escarpées et sinueuses particulièrement exigeantes. La France n’a pas souhaité autoriser FSD sous la forme évaluée.
Ces appréciations divergentes mettent en évidence le problème central : sur le plan réglementaire comme sur celui des infrastructures, l’Europe est nettement plus fragmentée que l’Amérique du Nord. Un logiciel doit maîtriser de nombreux codes de la route, variantes de panneaux et règles locales particulières avant de pouvoir être utilisé de manière fiable au-delà des frontières.
Le conducteur reste entièrement responsable
Malgré son nom, FSD reste un système de conduite supervisée. La personne au volant doit surveiller la circulation et pouvoir intervenir à tout moment. Cela vaut également lorsque le système gère lui-même la direction, l’accélération ou le freinage.
Cette responsabilité ne dispense toutefois pas les autorités d’imposer des exigences élevées au logiciel. Une limitation de vitesse régulièrement mal définie augmente la nécessité d’intervenir et peut conduire les conducteurs soit à faire trop confiance au système, soit à l’utiliser moins souvent au quotidien.
Pour Tesla, ce rapport constitue donc avant tout une mission de développement concrète. La prudence dont le système fait preuve face aux piétons et aux cyclistes montre son potentiel. Mais avant un déploiement à grande échelle en Europe, les limitations de vitesse locales et les règles de dépassement devront fonctionner de manière aussi fiable que la conduite du véhicule elle-même.



