Le Project Nightingale entame sa phase intensive d’essais
Rolls-Royce lance les premiers prototypes roulants du Project Nightingale sur les routes publiques. Ce cabriolet de luxe entièrement électrique sera d’abord testé dans le sud de l’Europe, avant de poursuivre ses essais au cercle polaire et dans la péninsule Arabique.
Limitée à seulement 100 exemplaires, cette série repose sur l’architecture en aluminium également utilisée par la Rolls-Royce Spectre électrique. Avec le Nightingale, le constructeur va toutefois nettement plus loin en associant la motorisation électrique à une carrosserie sur mesure particulièrement sophistiquée.
La capote en cachemire doit résister à 80 °C
L’une des épreuves les plus inhabituelles concerne la capote en toile doublée de cachemire. Le matériau, le mécanisme et les joints doivent supporter des températures pouvant atteindre 80 °C, sans altération de l’aspect, du toucher ou du fonctionnement.
Rolls-Royce prévoit à cet effet dix procédures d’essai différentes. Sur un cabriolet en particulier, un fort ensoleillement et de fréquentes variations de température peuvent fortement solliciter les adhésifs, les surfaces textiles et les pièces mobiles.
| Domaine d’essai | Étendue | Objectif |
|---|---|---|
| Capote en cachemire | Jusqu’à 80 °C et dix procédures d’essai | Garantir durablement la fiabilité du matériau et du mécanisme |
| Piano Boot | 15 000 cycles d’ouverture | Assurer un mouvement fiable et régulier |
| Aérodynamique | 1 430 heures | Réduire les bruits d’air et les turbulences |
| Haute vitesse | Jusqu’à environ 250 km/h | Vérifier la stabilité de conduite et le déflecteur d’air |
| Essais en altitude | Jusqu’à 2 750 mètres | Vérifier le fonctionnement dans des conditions environnementales variables |
Le coffre à ouverture latérale soumis à un essai d’endurance
Autre particularité : le coffre baptisé Piano Boot, dont le couvercle s’ouvre latéralement. Rolls-Royce utilise ce concept pour la première fois et compte donc faire ouvrir et fermer le mécanisme 15 000 fois.
L’essai ne porte pas uniquement sur la durabilité. Le mouvement doit rester silencieux, régulier et exempt de vibrations perceptibles pendant des années, car sur un véhicule de cette catégorie de prix, ces détails font eux aussi partie de la promesse de qualité.
Le silence de la motorisation électrique renforce les exigences
Au total, les prototypes cumuleront environ 350 semaines d’essais sur des routes très diverses et dans des zones climatiques extrêmes. À cela s’ajoutent 1 430 heures consacrées aux simulations aérodynamiques et aux essais en soufflerie.
La motorisation électrique presque silencieuse rend les bruits d’air indésirables particulièrement perceptibles. Moins de bruit provenant de la motorisation → les grincements, les bruits de capote et les turbulences aérodynamiques ressortent davantage. Un déflecteur d’air électrique spécialement conçu doit donc préserver le calme dans l’habitacle ouvert, même à vitesse élevée.
Sur le Project Nightingale, le confort ne dépend pas seulement de la suspension, mais aussi de l’acoustique, de la résistance des matériaux et de la précision mécanique.
La motorisation et les livraisons restent en partie à préciser
Le Project Nightingale devrait recevoir une motorisation à deux moteurs développant plus de 440 kW et environ 1 080 Nm. Rolls-Royce n’a toutefois pas encore confirmé l’intégralité des caractéristiques définitives.
Aucun prix officiel n’a encore été communiqué. Les spéculations évoquent plusieurs millions d’euros par véhicule et doivent donc être considérées avec prudence tant qu’elles n’ont pas été confirmées. Les premières livraisons sont prévues pour 2028.
Sur le plan technique, le Nightingale est moins un modèle de grande série qu’un projet de développement apparemment dépourvu de limite budgétaire. Les enseignements tirés des essais de matériaux, de l’acoustique et du mécanisme de la capote pourraient néanmoins bénéficier à long terme à d’autres modèles électriques de luxe de Rolls-Royce.



