Tesla transforme FSD en copilote IA personnalisé
Tesla travaille sur plusieurs fonctions destinées à rendre Full Self-Driving (Supervised) nettement plus personnalisé et prédictif. L’accent est mis sur des commandes vocales plus naturelles avec Grok, la détection des nids-de-poule et un système capable de mémoriser les interventions récurrentes ainsi que les habitudes de stationnement.
En parallèle, Tesla prépare avec FSD v15 la prochaine grande évolution de son réseau neuronal. Une nouvelle génération de matériel doit également fournir, à long terme, davantage de puissance de calcul pour des modèles de conduite plus complexes.
La prochaine évolution de FSD ne doit pas seulement interpréter la route, mais aussi mieux comprendre les intentions et les habitudes du conducteur.
Vue d’ensemble des nouveautés prévues pour FSD
| Nouveauté | Avantage attendu | État des lieux |
|---|---|---|
| Commandes vocales avec Grok | Formulation de demandes de navigation complexes en langage naturel | Fonction prévue, avec des capacités variables selon les régions |
| Détection des nids-de-poule | Détecter visuellement les chaussées endommagées et les éviter si possible | Annoncée par Tesla, date encore inconnue |
| Stationnement adaptatif | Reproduire les positions personnelles et le sens de stationnement privilégié | En cours de développement |
| Mémorisation des interventions | Tenir compte des itinéraires et décisions de conduite privilégiés | Complète les préférences d’itinéraire déjà introduites |
| FSD v15 | Détection plus précoce des dangers et meilleure prévention des collisions | Attendu fin 2026 ou début 2027 |
| AI4+ et AI5 | Davantage de puissance de calcul et de mémoire pour des modèles d’IA plus grands | Calendrier et mise à niveau encore en cours de clarification |
Grok doit comprendre les demandes de navigation complexes
Dans les voitures, les assistants vocaux classiques attendent généralement des commandes courtes et formulées avec précision. Grok doit au contraire comprendre le contexte d’une demande et associer plusieurs souhaits.
Un conducteur pourrait par exemple demander de traverser le centre-ville pour rejoindre un supermarché, d’éviter une zone de travaux, puis de rechercher une place de stationnement couverte. FSD devrait en déduire un itinéraire, plusieurs contraintes et une destination de stationnement précise.
Il s’agirait de bien plus qu’une nouvelle interface de commande. Grok traduirait l’intention du conducteur, tandis que la pile logicielle de conduite FSD se chargerait de la planification correspondante. Il reste toutefois à savoir si toutes les fonctions seront lancées simultanément et si elles seront disponibles en allemand.
Les nids-de-poule ne devraient plus nécessiter d’intervention
Les routes irrégulières font partie des situations dans lesquelles les systèmes d’assistance réagissent souvent sans grande anticipation. Tesla veut à l’avenir détecter les nids-de-poule au moyen des caméras du véhicule et ajuster en douceur la trajectoire dans l’espace disponible.
De précédentes approches utilisaient les données de la flotte pour permettre aux Tesla Model S et Tesla Model X équipées d’une suspension pneumatique de réagir sur des portions de route connues pour être en mauvais état. Le nouveau système doit en revanche identifier directement les dégradations dans les images des caméras.
Au quotidien, cette fonction pourrait préserver les pneus, les jantes et les suspensions. Il est toutefois essentiel que FSD n’effectue pas d’écart brusque susceptible de mettre en danger d’autres usagers de la route. L’espace latéral disponible, la circulation en sens inverse et le marquage au sol doivent donc être évalués simultanément.
FSD doit apprendre les habitudes de stationnement individuelles
Jusqu’à présent, Autopark se fonde principalement sur le marquage, les espaces libres et les distances par rapport aux autres véhicules. À l’avenir, le système devrait aussi observer la manière dont le conducteur se gare lui-même.
Les personnes qui entrent en marche arrière dans leur allée, se garent volontairement près du mur du garage ou laissent davantage d’espace du côté conducteur pourraient ne plus avoir à indiquer ces préférences à chaque fois. Les manœuvres manuelles récurrentes serviraient alors de signal d’apprentissage.
FSD devrait procéder de manière similaire avec les interventions pendant la conduite. Si le conducteur choisit régulièrement une voie, une sortie ou une route secondaire précise, le système pourrait privilégier cette décision à l’avenir. Une intervention manuelle ne serait alors plus seulement une correction, mais aussi un retour d’information pour les trajets ultérieurs.
FSD v15 doit considérablement agrandir le modèle d’IA
La prochaine grande étape du développement sera FSD v15. Selon l’état actuel de la planification, le nombre de paramètres du modèle devrait être multiplié par environ dix par rapport à la génération actuelle, passant d’environ un milliard à quelque dix milliards de paramètres.
Un nombre plus élevé de paramètres ne garantit pas automatiquement une meilleure conduite. Il donne toutefois au modèle davantage de capacités pour représenter des situations de circulation complexes, des schémas de mouvement et de rares cas particuliers. Tesla en attend une détection plus précoce des dangers, des réactions plus rapides et une prévention des collisions plus robuste.
Notre présentation de Tesla FSD v15 et HW4 fournit davantage d’informations sur l’architecture prévue et les déclarations de Tesla. Aucune date de sortie fiable n’a encore été fixée.
AI4+ et AI5 apportent davantage de puissance de calcul
Les réseaux neuronaux plus grands nécessitent davantage de mémoire et de puissance de calcul. Pour les véhicules plus anciens équipés de Hardware 3, une éventuelle solution de mise à niveau reposant sur un ordinateur AI4+ plus performant est donc envisagée. Elle doit fournir des réserves supplémentaires si Hardware 3 ne répond pas aux exigences d’une future version non supervisée de FSD.
Pour les propriétaires des véhicules concernés, il est important de noter que les détails relatifs à la compatibilité, à l’étendue et à la date d’une telle mise à niveau ne sont pas encore définitivement établis. FSD v14 Lite pourrait constituer la dernière évolution majeure pour Hardware 3, mais aucune confirmation définitive ne concerne encore toutes les variantes de véhicules.
La puce AI5 de Tesla, gravée selon un procédé de 2 nanomètres, se situe encore plus loin dans le calendrier. Sa production en série est prévue pour 2027, AI5 pouvant d’abord être utilisée dans des centres de données et pour le robot humanoïde Optimus. La date de son arrivée dans les véhicules des clients reste inconnue.
Ce que les projets FSD signifient pour l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse
Les fonctions annoncées devraient apparaître en premier sur les marchés où FSD est largement utilisé, en particulier en Amérique du Nord. Dans la région DACH, qui regroupe l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse, leur étendue continuera de dépendre des homologations de type, des réglementations nationales et de la législation européenne sur les systèmes d’aide à la conduite.
Même avec ces nouvelles fonctions, Full Self-Driving (Supervised) restera dans un premier temps un système d’assistance nécessitant une supervision. Le conducteur demeure responsable, doit rester attentif et pouvoir intervenir à tout moment. L’appellation FSD ne doit donc pas être confondue avec une conduite entièrement autonome de niveau 4 ou 5.
Malgré cette restriction, l’orientation prise par le développement est intéressante. La détection des nids-de-poule, l’apprentissage des itinéraires et les demandes de navigation formulées naturellement pourraient faire une plus grande différence au quotidien que des démonstrations spectaculaires réalisées dans des conditions idéales. Tesla cherche ainsi à faire évoluer FSD d’un assistant de conduite généraliste vers un conducteur numérique adaptatif.



