Hambourg s’attaque aux sons artificiels des voitures électriques
Les voitures électriques sont censées rendre la circulation plus silencieuse, mais certains modèles peuvent délibérément produire un son de moteur artificiel. La coalition sociale-démocrate et écologiste de Hambourg veut limiter ces bruits évitables et lancer à cette fin une initiative au niveau fédéral.
Une proposition en ce sens doit être adoptée lors de la séance du Parlement de Hambourg, appelé Bürgerschaft, le 16 septembre. Le groupe parlementaire du SPD y demande au Sénat de Hambourg, le gouvernement de cette ville-État, d’œuvrer en faveur d’une interdiction nationale des bruits de moteur artificiels et inutiles produits par les voitures électriques.
Oui aux sons de sécurité, non aux nuisances sonores superflues destinées à faire le spectacle : c’est précisément cette limite que l’initiative prévue doit définir plus clairement.
Le système AVAS doit expressément rester autorisé
L’initiative ne vise pas tous les sons artificiels produits par une voiture électrique. L’Acoustic Vehicle Alerting System, ou AVAS, qui est obligatoire, ne doit pas être remis en cause.
L’AVAS rend les véhicules électrifiés audibles à faible vitesse. Dans cette plage de vitesse, les bruits de roulement sont souvent encore si faibles que les piétons et les cyclistes risquent de ne pas entendre une voiture approcher. Dans l’Union européenne, les règles correspondantes s’appliquent depuis 2019, d’abord aux nouveaux types de véhicules, puis, de manière plus générale, aux véhicules neufs depuis 2021.
| Type de son | Fonction | Position politique |
|---|---|---|
| Signal d’avertissement AVAS | Protection des piétons et des cyclistes à faible vitesse | Doit être maintenu |
| Son de moteur artificiel | Imitation du son d’un moteur thermique ou d’un véhicule sportif | Doit être limité ou interdit |
| Son dans l’habitacle | Retour sonore pour le conducteur et les passagers | La délimitation reste à préciser |
La délimitation technique sera déterminante
Dans la pratique, tout dépendra des sons précisément couverts par une éventuelle réglementation. De nombreuses voitures électriques diffusent des bruits de conduite dynamiques exclusivement dans l’habitacle. D’autres systèmes peuvent également utiliser des haut-parleurs externes et être ainsi clairement audibles à l’extérieur du véhicule.
Une interdiction générale de tous les sons synthétiques ne serait donc ni judicieuse ni compatible avec les règles de sécurité européennes. Une réglementation visant les bruits extérieurs évitables, qui vont au-delà de la fonction d’avertissement nécessaire ou peuvent être délibérément réglés à un volume particulièrement élevé, serait plus pertinente.
Il faudrait également définir des valeurs limites, des méthodes de mesure et une distinction claire entre les systèmes montés de série et ceux modifiés ultérieurement. Sans de tels critères techniques, un contrôle efficace dans la circulation routière risque d’être difficile.
Hambourg veut aussi lutter plus fermement contre les démonstrations automobiles bruyantes
La proposition s’inscrit dans une initiative plus large contre l’« autoposing », c’est-à-dire l’utilisation ostentatoire de voitures dans l’espace public. Cela ne concerne pas seulement les systèmes d’échappement modifiés, mais aussi les accélérations agressives, les montées en régime inutiles et la production délibérée de bruit.
Le groupe parlementaire des Verts souhaite donc soutenir une initiative de Brême au Bundesrat, la chambre fédérale représentant les Länder allemands. Des règles uniformes dans toute l’Allemagne doivent apporter davantage de sécurité juridique aux unités de police spécialisées et faciliter les contrôles.
Ces points doivent être clarifiés
- Quels bruits extérieurs artificiels sont considérés comme inutiles ?
- Comment mesurer le volume et les caractéristiques sonores de manière juridiquement incontestable ?
- Les éventuelles règles s’appliqueront-elles uniquement aux modifications ou également aux fonctions de série ?
- Quelles sanctions sont prévues en cas de production intentionnelle de bruit ?
Pour les conducteurs, rien ne change pour l’instant
La proposition de Hambourg n’entraîne pas encore directement de nouvelles règles. La Bürgerschaft devrait d’abord l’approuver, puis une mise en œuvre à l’échelle fédérale serait nécessaire. Selon les modalités retenues, les règles européennes applicables aux véhicules pourraient également être concernées.
Les propriétaires de voitures électriques n’ont donc actuellement aucune mesure à prendre. Le débat montre toutefois que les sons extérieurs optionnels pourraient être davantage réglementés à l’avenir. Pour l’Autriche et la Suisse, une réglementation purement allemande n’aurait dans un premier temps aucun effet direct ; les règles européennes relatives à l’AVAS resteraient de toute façon distinctes.
Dans son principe, l’orientation est compréhensible : la mobilité électrique peut non seulement éviter les émissions polluantes locales, mais aussi réduire le bruit de la circulation. Les sons artificiels devraient être réservés aux situations dans lesquelles ils présentent un intérêt pour la sécurité ou divertissent exclusivement les occupants.



