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Maserati prépare son retour électrique avec Huawei et JAC

Maserati envisagerait deux nouvelles voitures électriques faisant appel aux technologies de Huawei et au savoir-faire industriel de JAC. Une GT électrique pourrait ouvrir la voie, tandis que l’Allemagne devrait compter parmi les premiers marchés internationaux visés.

Constantin Hoffmann

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De nouvelles voitures électriques pour relancer Maserati

Maserati travaillerait à une vaste stratégie électrique avec des partenaires chinois. Un rapport sectoriel évoque deux modèles prévus : un SUV électrique de taille moyenne à grande ainsi qu’un grand modèle électrique de grand tourisme. Cette coopération n’a toutefois pas encore été officiellement confirmée.

Le SUV devrait compléter la gamme au-dessus ou aux côtés du Grecale Folgore. La GT électrique miserait quant à elle directement sur l’identité sportive de la marque italienne et pourrait tirer parti de l’expérience acquise avec le GranTurismo Folgore.

En interne, la GT électrique serait actuellement privilégiée comme premier modèle issu de cette éventuelle coopération.

Huawei, JAC et Maserati se répartissent les tâches

Le projet irait bien au-delà d’une relation classique avec des fournisseurs. Huawei, JAC et Maserati prendraient chacun en charge une partie essentielle du développement, de la production ou de la commercialisation.

PartenaireMission prévue
HuaweiPoste de conduite numérique, système d’aide à la conduite Qiankun ADS et technologie de propulsion électrique
JACDéveloppement du véhicule et production industrielle dans l’usine de Hefei
MaseratiDesign, mise au point du châssis, intérieur de luxe et distribution internationale

Huawei apporterait ainsi des technologies issues de son écosystème HIMA. Celles-ci comprennent des systèmes d’infodivertissement connectés et des fonctions avancées d’aide à la conduite. Pour l’Europe, le matériel et les logiciels devraient toutefois être adaptés aux exigences d’homologation, aux règles de protection des données et aux services cartographiques régionaux.

Deux marques pour des marchés différents

La double stratégie de commercialisation envisagée est particulièrement intéressante. En Chine, les véhicules pourraient être proposés sous Maextro, la marque de luxe développée conjointement par Huawei et JAC. Sur les marchés internationaux, ils arboreraient en revanche l’emblème Maserati.

Maserati pourrait ainsi profiter des économies d’échelle chinoises sans renoncer à sa marque bien connue en Europe. Cette approche pose en même temps un défi de taille : le design, la qualité des matériaux et le comportement routier devront être indéniablement dignes d’une Maserati, même si une grande partie de la base technique vient de Chine.

Une nouvelle GT électrique évoluerait sur un segment exigeant. Le Porsche Taycan et l’Audi e-tron GT y comptent notamment parmi les concurrents établis. Dans cette catégorie, des logiciels modernes ne suffisent pas : la puissance de recharge, le confort sur longue distance et une mise au point propre à la marque sont tout aussi déterminants.

Caisses produites en Chine, assemblage final en Italie

Selon le rapport, la production reposerait sur un procédé SKD (« Semi Knocked Down »), qui consiste à assembler localement un véhicule partiellement préfabriqué. Les caisses nues seraient produites dans l’usine JAC de Hefei, puis transportées en Italie. L’habitacle, le châssis et d’autres composants propres à la marque y seraient notamment finalisés.

Ce modèle pourrait réduire les coûts tout en maintenant en Italie une part importante de la valeur ajoutée. Maserati pourrait ainsi mieux exploiter ses ressources existantes à Modène et à Cassino. La participation des deux sites et son ampleur restent encore à déterminer.

L’Allemagne parmi les marchés de lancement potentiels

L’Allemagne, la France, l’Italie et le Moyen-Orient sont cités comme premiers marchés internationaux visés. Pour la région DACH — Allemagne, Autriche et Suisse —, il serait particulièrement important de savoir si Maserati peut proposer un système de recharge rapide compétitif, un réseau de service fiable et une assistance logicielle à long terme.

La coopération avec Huawei et JAC pourrait donner un net coup d’accélérateur à l’infodivertissement, aux systèmes d’aide à la conduite et au rythme de développement. Les plateformes chinoises atteignent désormais des niveaux d’intégration élevés et permettent des cycles de renouvellement courts. Marque de luxe plus technologie chinoise → développement accéléré, à condition que Maserati conserve un contrôle suffisant sur la qualité et l’identité de la marque.

Une forte pression économique

Ces réflexions interviennent dans une période difficile. Les livraisons mondiales de Maserati seraient tombées sous la barre des 8 000 véhicules en 2025. Par rapport au pic atteint en 2017, cela correspondrait à un recul d’environ 80 %.

Une perte d’exploitation ajustée de 198 millions d’euros est en outre évoquée pour 2025. La marge opérationnelle se serait établie à −27,3 %. Le groupe Stellantis recherche donc des partenariats industriels permettant de relancer Maserati sans devoir vendre la marque.

Une stratégie plausible qui laisse des questions en suspens

Une alliance avec Huawei et JAC ne constituerait pas un simple renouvellement de modèles, mais une réorientation en profondeur. Maserati pourrait raccourcir ses délais de développement, adopter une électronique moderne et profiter d’une production plus efficace. JAC et Huawei accéderaient de leur côté à une marque de luxe mondialement connue et à ses structures de distribution.

La question décisive reste de savoir quelle empreinte Maserati pourra réellement conserver. Dans cette gamme de prix, les clients n’achètent pas seulement de l’autonomie et des écrans, mais aussi un design, une histoire et des sensations de conduite particulières. Tant qu’aucune confirmation officielle, donnée technique ou date n’aura été communiquée, le projet restera un plan d’avenir crédible, mais encore non confirmé.

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