BYD veut développer massivement sa production en Europe
BYD prépare la prochaine étape de son expansion européenne. À long terme, le constructeur chinois pourrait avoir besoin, selon son conseiller pour l’Europe, de trois usines automobiles et d’une usine de batteries dans la région.
Ces capacités supplémentaires doivent permettre d’accompagner la hausse des ventes et d’aider le groupe à respecter les exigences européennes en matière de production locale. La construction à court terme de ces quatre sites n’a toutefois pas été annoncée : il s’agit plutôt du réseau de production envisagé à long terme.
La production locale devient essentielle pour permettre à BYD de poursuivre sa croissance en Europe sans dépendre des conflits commerciaux.
Le site de la deuxième usine BYD devrait être fixé d’ici à la fin de l’année
BYD devrait choisir l’emplacement de sa deuxième usine d’assemblage européenne d’ici à la fin de 2026. L’Espagne et la France sont considérées comme les candidates les mieux placées.
Plutôt que de construire une usine entièrement neuve, BYD semble privilégier la reprise et la modernisation d’un site existant. À cette fin, le groupe mène des discussions avec des constructeurs automobiles et des gouvernements européens au sujet d’usines qui ne fonctionnent pas à pleine capacité.
Une telle approche pourrait accélérer les procédures d’autorisation et le lancement de la production. Reprendre une usine existante → la durée de transformation et les risques d’investissement peuvent être moins élevés que pour une construction entièrement nouvelle sur un terrain vierge.
L’Italie reste une solution de remplacement possible
L’Italie reste également en lice, mais elle est actuellement plutôt considérée comme une solution de repli pour la deuxième usine. Des conditions compétitives en matière d’énergie, de logistique, de coûts de main-d’œuvre et d’aides publiques devraient être déterminantes.
| Projet | État actuel |
|---|---|
| Première usine d’assemblage | Démarrage de la production en Hongrie |
| Deuxième usine d’assemblage | Décision attendue d’ici à la fin de 2026, avec une préférence pour l’Espagne et la France |
| Troisième usine d’assemblage | Prévue à long terme, emplacement encore indéterminé |
| Usine de batteries | Élément à long terme de la stratégie européenne, détails encore indéterminés |
Les droits de douane de l’UE accentuent la pression en faveur d’une production locale
Pour BYD, la création d’usines européennes ne répond pas seulement à des considérations logistiques. L’Union européenne impose des droits de douane supplémentaires aux voitures électriques produites en Chine. Les règles envisagées autour du "Made in Europe" pourraient encore renforcer l’importance de la production locale à l’avenir.
Une éventuelle limitation des importations d’hybrides chinois est également à l’étude. En l’absence d’accord politique, les hybrides rechargeables pourraient eux aussi être davantage exposés aux tensions commerciales. Cela concerne une part importante de la gamme de BYD, puisque la marque commercialise à l’international aussi bien des véhicules électriques à batterie que des hybrides rechargeables.
Une production en Europe pourrait réduire les risques douaniers, raccourcir les trajets de transport et rapprocher BYD des fournisseurs régionaux. En contrepartie, le constructeur doit assumer d’importants investissements initiaux et assurer un taux d’utilisation suffisant de ses usines.
Les activités internationales deviennent toujours plus importantes pour BYD
Cette expansion intervient dans un contexte de forte croissance des ventes internationales. Au cours des huit premiers mois de 2026, BYD a vendu 1 162 260 véhicules hors de Chine, soit une hausse de 85,72 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Au seul mois d’août, 189 466 véhicules ont été vendus sur les marchés internationaux. Cela représentait 43,03 % des ventes mensuelles totales. Ces chiffres englobent l’ensemble des marchés situés hors de Chine et ne doivent donc pas être assimilés aux seules ventes européennes.
BYD vise désormais entre 1,9 et 2 millions de ventes à l’international en 2026. En 2027, ce chiffre devrait dépasser 2,5 millions de véhicules. Dès le premier semestre 2026, le chiffre d’affaires réalisé hors de Chine a dépassé pour la première fois celui du marché intérieur.
L’Europe joue un rôle central dans cette évolution, car le marché régional des voitures électriques connaît de nouveau une nette croissance. Notre article sur l’essor de la voiture électrique en Europe en donne un aperçu.
Une usine de batteries dédiée revêtirait une importance stratégique
Une usine européenne de batteries réduirait la dépendance de BYD vis-à-vis des importations de packs de batteries complets. Le groupe développe et produit lui-même ses batteries Blade, contrôlant ainsi une partie particulièrement précieuse de la chaîne d’approvisionnement.
BYD possède notamment une grande expérience de la technologie LFP, dominante en Chine. L’examen du marché chinois des batteries LFP montre à quel point cette chimie de cellules s’est développée.
Pour les clients européens, une production régionale de batteries pourrait à long terme se traduire par des chaînes d’approvisionnement plus stables et des prix de véhicules plus prévisibles. On ignore encore si BYD y produirait dans un premier temps des cellules, des modules ou des systèmes de batteries complets.
Denza doit compléter l’offre de BYD sur le marché européen du luxe
Parallèlement à sa marque principale, BYD développe également Denza en Europe. L’ouverture de nouveaux showrooms à Turin et à Paris souligne que le groupe ne cible pas uniquement les modèles de grande diffusion, mais cherche aussi à s’implanter sur le segment haut de gamme.
Avec des modèles comme le Denza N8, la filiale pourrait affronter les constructeurs premium établis. Un réseau de production européen offrirait à BYD et à Denza une plus grande marge de manœuvre en matière de prix, de délais de livraison et d’adaptation des modèles.
Un projet ambitieux, mais toujours sans calendrier complet
Trois usines automobiles et une usine de batteries constitueraient un engagement clair en faveur du marché européen. À ce jour, tous les sites n’ont toutefois pas encore été choisis et aucun calendrier concret n’a été confirmé pour l’ensemble du réseau.
La prochaine étape décisive sera donc le choix de la deuxième usine d’assemblage. Si la décision intervient effectivement d’ici à la fin de 2026, l’ampleur des ambitions de BYD en matière de production locale devrait rapidement se préciser.



