Lucid et Bolt lancent une offensive dans les robotaxis en Europe
Lucid et le fournisseur de services de mobilité Bolt veulent constituer ensemble une vaste flotte de robotaxis électriques en Europe. Le projet prévoit plus de 25 000 véhicules autonomes, qui pourront à l’avenir être réservés sur la plateforme de mise en relation de Bolt.
Ces véhicules reposeront sur la famille de crossovers électriques intermédiaires de Lucid, qui n’a pas encore été présentée. Le modèle sera positionné sous le Gravity et devrait donc également concurrencer le Tesla Model Y. Il n’est pas encore officiellement confirmé que la version robotaxi portera effectivement le nom de Lucid Cosmos.
Le niveau 4 doit permettre un fonctionnement sans conducteur
Les véhicules prévus devraient être capables d’assurer une conduite autonome de niveau 4 selon la norme SAE. Dans une zone d’utilisation clairement définie, le système prend entièrement en charge la conduite et doit également pouvoir réagir de manière autonome aux incidents.
Dans ce scénario, aucun conducteur de sécurité n’est en principe nécessaire. Cela ne vaut toutefois que dans les conditions d’exploitation autorisées, par exemple dans certaines villes, sur certaines routes, dans des conditions météorologiques données et dans des plages de vitesse définies. En dehors de ces limites, le véhicule ne peut pas simplement poursuivre la conduite autonome.
25 000 véhicules constituent l’objectif de la flotte. Le facteur décisif sera toutefois le nombre de villes européennes qui autoriseront réellement une exploitation régulière sans conducteur.
Nvidia Hyperion fournit la base technologique
Pour les capteurs et la puissance de calcul, les partenaires devraient s’appuyer sur la plateforme Hyperion de Nvidia. Hyperion est une architecture de référence qui associe de puissants ordinateurs embarqués à des caméras, des radars et d’autres capteurs.
À elle seule, cette plateforme ne suffit toutefois pas à transformer une voiture électrique en robotaxi. Il faut également un logiciel de conduite, des données cartographiques haute définition, une supervision à distance, un système de gestion de flotte et de nombreux essais d’homologation. Lucid et Bolt devront combiner ces éléments au sein d’un système global adapté aux routes européennes.
| Partenaire | Mission prévue |
|---|---|
| Lucid | Plateforme de véhicule électrique et intégration des systèmes du véhicule |
| Lucid Technologies | Systèmes d’aide à la conduite, fonctions autonomes et technologies numériques du véhicule |
| Bolt Autonomous Driving Solutions | Exigences relatives aux véhicules, exploitation de la flotte, logiciels et partenariats avec les villes |
| Nvidia | Architecture Hyperion pour la puissance de calcul et l’intégration des capteurs |
Lucid apporte une plateforme électrique efficiente
Jusqu’à présent, Lucid est surtout connu pour la berline de luxe Lucid Air et son rendement énergétique élevé. Le futur crossover intermédiaire doit transposer cette technologie dans un segment à plus fort volume, nettement plus intéressant pour les flottes de robotaxis.
Pour les exploitants, l’autonomie et la puissance de recharge ne sont pas les seuls critères importants. Ils recherchent surtout une faible consommation d’énergie, des temps d’immobilisation réduits, un habitacle durable et une architecture capable d’alimenter de manière fiable les capteurs ainsi que de puissants calculateurs. Rendement élevé → coûts d’électricité réduits sur toute la durée d’exploitation de la flotte.
Lucid travaille déjà avec d’autres partenaires sur des services de mobilité autonome aux États-Unis. La coopération européenne avec Bolt constitue néanmoins un projet distinct, qui devra être adapté à d’autres règles de circulation, infrastructures routières et procédures d’autorisation.
Bolt vise une flotte encore plus importante
Les plus de 25 000 véhicules Lucid s’inscrivent dans une stratégie plus large. D’ici 2035, Bolt veut exploiter au total 100 000 véhicules autonomes sur sa plateforme. L’entreprise européenne mettra à profit son expérience acquise dans plus de 850 villes.
L’avantage de cette répartition des tâches est évident : Lucid développe le véhicule et son intégration, tandis que Bolt organise la demande, l’exploitation et les structures locales de la flotte. C’est précisément cette combinaison qui a fait défaut à de nombreux projets de robotaxis antérieurs, avancés sur le plan technique, mais incapables de mettre en place une exploitation évolutive.
La réglementation européenne reste le principal obstacle
Une voiture autonome ne peut pas être déployée dans toute l’Europe sur la seule base d’une validation technique. Il faut clarifier la réception par type, la zone d’exploitation, la responsabilité, l’utilisation des données et la coopération avec les autorités locales. À cela s’ajoutent les différentes réglementations nationales en Europe.
En Allemagne, en Autriche et en Suisse, il faut donc plutôt s’attendre à des lancements progressifs dans des zones limitées qu’à un déploiement immédiat à grande échelle. Les secteurs urbains cartographiés avec précision, les transferts vers les aéroports ou les zones de mobilité clairement définies sont particulièrement adaptés.
D’autres constructeurs travaillent également sur des systèmes similaires. Tesla continue par exemple de développer sa plateforme de conduite autonome, tandis que le développement du FSD et de la technologie de robotaxi repose sur une approche différente, fortement axée sur les logiciels. Cette concurrence montre que les robotaxis passent progressivement du statut de projet pilote à celui d’activité stratégique.
Un projet ambitieux, mais pas encore de date de lancement ferme
Lucid et Bolt n’ont jusqu’à présent annoncé ni villes de lancement précises ni calendrier contraignant pour le déploiement de l’ensemble de la flotte. Les détails techniques du crossover intermédiaire et de la plateforme de capteurs définitive restent également à préciser.
Ce partenariat n’en reste pas moins important : un constructeur de voitures électriques efficientes, un service de mobilité bien établi et Nvidia comme partenaire technologique potentiel couvrent des maillons essentiels de la chaîne des robotaxis. La concrétisation d’une flotte de plus de 25 000 véhicules sans conducteur dépendra finalement non seulement de la technologie, mais aussi du rythme des autorisations en Europe.



