Actu Électrique

Actualités · · 4 min de lecture

Xpeng transforme ses technologies pour voitures électriques en activité de licences

Xpeng compte apparemment proposer ses plateformes automobiles, ses puces d’IA et ses logiciels d’aide à la conduite à d’autres partenaires internationaux. Sa coopération avec Volkswagen lui sert de modèle et constitue déjà une source de revenus importante.

Constantin Hoffmann

Auteur

Xpeng ouvre son catalogue technologique

Xpeng pourrait à l’avenir élargir considérablement son champ d’activité. Le constructeur chinois de voitures électriques serait en discussion avec d’autres constructeurs automobiles internationaux, éditeurs de logiciels et équipementiers au sujet de l’utilisation de ses plateformes et solutions logicielles.

Aucun nouveau partenaire n’a encore été officiellement confirmé. Cette orientation est néanmoins logique : Xpeng a investi massivement dans l’électronique moderne, le matériel d’IA et les systèmes d’aide à la conduite. L’octroi de licences à plusieurs entreprises permettrait de répartir les coûts élevés de développement sur de plus grands volumes.

Xpeng ne veut apparemment pas seulement vendre des voitures électriques, mais aussi fournir des composants essentiels aux véhicules définis par logiciel.

Les technologies que Xpeng pourrait proposer

Il ne s’agit pas uniquement d’une plateforme automobile particulière. L’offre potentielle s’étend de l’architecture électronique de base aux cockpits intelligents et aux fonctions de conduite assistées par l’IA.

Domaine technologiqueAvantage potentiel pour les partenaires
Architecture électrique et électroniqueMoins de calculateurs, un traitement plus rapide des données et une meilleure base pour les mises à jour
Cockpit intelligentÉcrans connectés, commandes vocales et services numériques intégrés
Puces d’IA TuringPuissance de calcul pour les systèmes d’aide à la conduite, les fonctions du cockpit et les applications locales d’IA
Logiciels d’aide à la conduiteDéveloppement plus rapide de fonctions d’assistance complexes et de manœuvres automatisées

L’architecture électronique intéresse tout particulièrement les constructeurs établis. Une structure centralisée peut remplacer ou regrouper de nombreux calculateurs distincts. Une complexité matérielle moindre → des mises à jour plus faciles à déployer et de nouvelles fonctions plus rapides à intégrer.

Xpeng présente régulièrement les progrès de ses systèmes de conduite automatisée dans des situations exigeantes. Parmi les démonstrations déjà réalisées figure également la manœuvre d’embarquement sur un ferry avec Xpeng VLA 2.0, au cours de laquelle le système a navigué sans marquage routier classique.

Volkswagen sert de modèle

La coopération avec Volkswagen constitue le principal exemple concret. Le groupe allemand a pris une participation d’environ 5 % dans Xpeng en 2023 et travaille depuis lors avec le constructeur chinois sur des voitures électriques destinées au marché chinois.

Le VW ID. UNYX 08 repose sur des technologies de Xpeng et associe la plateforme Edward à des solutions de cockpit, des fonctions de conduite intelligentes et des puces Turing. D’autres modèles devraient utiliser la China Electronic Architecture, ou CEA, développée conjointement.

Pour Volkswagen, une telle coopération raccourcit les délais de développement sur un marché extrêmement dynamique. En contrepartie, Xpeng perçoit des revenus issus de ses prestations de développement et peut tester ses technologies à grande échelle. Il ne s’agit pas d’une relation classique entre constructeur et fournisseur, mais d’une intégration technique plus étroite.

Les services progressent nettement plus vite

La recherche de partenaires supplémentaires pour ses licences répond également à des considérations économiques. Le marché automobile chinois est soumis à une forte pression sur les prix, ce qui pèse sur les marges de la seule activité de vente de véhicules.

Au deuxième trimestre 2026, Xpeng a réalisé un chiffre d’affaires de 2,70 milliards de yuans dans les services et autres activités, soit environ 350 millions d’euros. Cela correspond à une hausse de 93,9 % par rapport à la même période de l’année précédente. Les prestations de recherche et développement fournies à Volkswagen y ont largement contribué.

Les logiciels, les puces et les services de développement peuvent ainsi devenir un deuxième pilier d’activité. Xpeng serait alors moins dépendant des remises et des fluctuations à court terme des ventes de ses propres véhicules.

Les robotaxis et les robots humanoïdes également dans le viseur

La stratégie de licences devrait apparemment aller au-delà des voitures électriques classiques. Xpeng étudierait ainsi des débouchés commerciaux autour de ce que l’on appelle l’IA physique, c’est-à-dire des systèmes d’IA qui pilotent des machines dans le monde réel.

Cela comprend les robotaxis, les robots humanoïdes et l’assistance opérationnelle à des flottes entières de robotaxis. Une équipe spécialement chargée de la commercialisation doit préparer des partenariats et transposer l’expérience acquise dans le cadre des coopérations existantes.

On ignore encore dans quelle mesure ces offres pourraient être exploitées hors de Chine sur les plans technique et réglementaire. Les systèmes d’aide à la conduite et les robotaxis doivent être adaptés aux règles de circulation, aux cartes, aux exigences de protection des données et aux procédures d’homologation régionales. Un logiciel chinois ne peut donc pas être transposé sans modification en Allemagne, en Autriche ou en Suisse.

Ce que cette stratégie signifie pour l’Europe

Aucune conséquence directe n’a été annoncée à court terme pour le marché DACH, qui regroupe l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse. À moyen et long terme, des technologies de Xpeng pourraient toutefois apparaître dans les véhicules d’autres marques sans que cela soit immédiatement visible de l’extérieur.

Pour les constructeurs européens, l’achat de solutions électroniques et logicielles matures permettrait de rattraper plus rapidement leur retard en matière de développement. Parallèlement, de nouvelles dépendances apparaîtraient dans les domaines des puces, des plateformes de données et des mises à jour. Il sera donc déterminant de savoir quels composants seront exploités localement et comment les constructeurs conserveront le contrôle des données des véhicules ainsi que de la cybersécurité.

Pour Xpeng, cette démarche est stratégiquement cohérente. L’entreprise peut commercialiser plusieurs fois le fruit de ses travaux de développement, tandis que ses partenaires peuvent proposer plus rapidement des voitures électriques compétitives. La création d’une activité de licences diversifiée dépendra désormais avant tout des autres constructeurs qui signeront effectivement un accord.

Sur le même sujet

Toutes les actualités